ArcelorMittal va investir 1,1 milliard d’euros dans la production d’acier vert à Gand

Le géant de l’acier a annoncé avoir signé une lettre d’intention avec les gouvernements belge et flamand pour investir 1,1 milliard d'euros pour la construction d'une unité de réduction directe (DRI) du fer et de deux nouveaux fours électriques sur son site de Gand.

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ArcelorMittal aciérie de Gand (Belgique)
Sur son site de Gand, en plus de ses démonstrateurs industriels de production de bioéthanol et de biocharbon, ArcelorMittal va remplacer son haut-fourneau A pour un DRI au gaz naturel et deux fours électriques.

Après l’Espagne, la Belgique. Le site de Gand va bénéficier d'un investissement de 1,1 milliard d'euros pour mettre en place une unité de réduction directe au gaz du minerai de fer. Depuis l’annonce, en juillet dernier, de sa feuille de route climat, ArcelorMittal précise, site par site, ses projets d’acier vert. Après avoir annoncé en septembre 2020 viser la neutralité carbone en 2050, le géant de l’acier a annoncé un objectif de réduction de l'intensité des émissions de carbone à l'échelle mondiale en 2030 de 25% par rapport à 2018 sur ses scopes 1 et 2 et de 35% en Europe, contre 30% précédemment annoncés.

Pour décarboner son acier, l’industriel explore deux voies pour réduire par tous les moyens les émissions de CO2. La voie Smart Carbon s'appuie sur la substitution des énergies fossiles, le captage et réutilisation du carbone émis (carbone circulaire). Plus innovante, la réduction directe (DRI) consiste à remplacer le coke utilisé pour réduire le minerai de fer dans les hauts-fourneaux par du gaz ou de l’hydrogène. « On travaille depuis très longtemps à se décarboner. Dès 2009-2010, nous avons adapté les hauts fourneaux de Liège avec notre engagement Ulcos (ultra low carbon steel) », rappelle à l’Usine Nouvelle Eric Niedziela, président d’ArcelorMittal France et vice-président de l’action climat Europe.

Multiplication des fours électriques

Pour chacun de ses sites, en fonction des installations existantes et des stratégies énergétiques des gouvernements, ArcelorMittal pioche dans sa trousse de technologies pour décarboner sa production. Ainsi en Espagne, qui a un vaste plan d’hydrogène vert produit à partir d’électricité solaire, ArcelorMittal va construire une unité DRI de 2,3 millions de tonnes fonctionnant à l'hydrogène à Gijon. Un peu moins de la moitié de la production, 1 million de tonnes, sera ensuite transportée par voie ferrée vers le site de Sestao, pour alimenter deux nouveaux fours électriques. L’investissement total est de l’ordre de 1 milliard d’euros, selon Eric Niedziela.

Réduction directe au gaz naturel

En Belgique, sur son site de Gand, ArcelorMittal va aussi construire deux nouveaux fours électriques et une unité DRI de 2,5 millions de tonnes, mais qui fonctionnera au gaz naturel. Le pays, qui doit fermer ses centrales nucléaires en 2025, n’aura en effet pas les ressources électriques nécessaires pour produire de l’hydrogène vert avant un moment. Ces trois équipements remplaceront le haut-fourneau A du site, qui atteindra la fin de sa durée de vie. Le projet, d'un coût de 1,1 milliard d’euros, sera soutenu par les gouvernements belge et flamand, mais reste soumis à l’acceptation de la Commission européenne.

Production in situ de bio-charbon

L'usine DRI fonctionnera aux côtés du haut-fourneau B de Gand, qui a redémarré sa production en mars 2021 après un investissement important de 195 millions d'euros. Il sera lui aussi partiellement décarboné. Sur son site de Gand, ArcelorMittal construit également une usine de démonstration à l'échelle industrielle pour transformer des déchets de bois en bio-charbon par torréfaction. C’est le projet Torero. Deux réacteurs produiront chacun 40 000 tonnes de bio-charbon par an, qui pourra être utilisé dans le haut-fourneau en remplacement du charbon. Le réacteur 1 devrait entrer en production en 2022 et le réacteur 2 en 2024.

Conversion du CO2 en bioéthanol

Gand a aussi été choisi pour l’installation d’un démonstrateur Steelanol/Carbalyst pour capturer les gaz d'échappement du haut-fourneau et les convertir en bioéthanol à l'aide de microbes. L'usine devrait, elle aussi, être achevée en 2022 et produira 80 millions de litres de bioéthanol par an. Combinées, ces différentes initiatives permettront à ArcelorMittal Belgium de réduire ses émissions de CO2 de 3,9 millions de tonnes par an d'ici 2030 (sur une base scope 1 et 2, par rapport à 2018), ce qui équivaut aux émissions de gaz à effet de serre de 848 172 voitures conduites pendant un an, a calculé l‘aciériste.

Prêt de 280 millions de la BEI

Dans sa feuille de route publiée en juillet, ArcelorMittal annonce également l’installation en Allemagne d‘un four électrique à Brême et d'une usine DRI et d'un four innovant à Eisenhüttenstadt. En France, le site de Dunkerque doit aussi accueillir une unité DRI pour produire 2 millions de tonnes par an. Pour aller plus loin, l’aciériste a obtenu un financement de la Banque européenne d’investissement sous la forme d'un prêt de 280 millions d’euros. Il est assorti d’une garantie du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

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