Les cinq candidats à la reprise de France Rail Industry (FRI) à Hayange, en Moselle, défendront leurs dossiers ce vendredi 17 juillet devant le tribunal de commerce de Strasbourg (Bas-Rhin). Pour leur part, les représentants des 450 salariés de FRI, intérimaires compris, affichent d’ores et déjà leur préférence. Le comité social et économique (CSE) a en effet attribué ce 15 juillet un avis largement favorable à l’offre du groupe chinois Jingye qui comprend également l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord).
A l’exception de l’indien Jindal et d’ArcelorMittal, toutes les propositions incluraient la reprise de l’aciérie d’Ascoval, l’Etat français souhaitant donner la priorité aux offres de reprise commune. ArcelorMittal a fait évoluer son dossier en ce sens, afin de coller à ses concurrents Liberty Steel (GFG Alliance), British Steel (Jingye) et Olympus Steel (Greybull Capital), le détenteur de l’aciérie Ascoval et dernier propriétaire en date de FRI.
Un porte-parole d’ArcelorMittal France précise que le groupe n’est pas candidat au rachat d’Ascoval, "mais, en cas de rachat de France Rail Industry, porterait tous ses efforts pour construire un avenir profitable pour cette usine, en lui apportant les marchés et les volumes qui permettraient de la rendre rentable. Pour cela, ArcelorMittal s’approvisionnerait en blooms auprès d’Ascoval pour l’usine de rails d’Hayange, et pourrait prendre des engagements de volumes supplémentaires pour charger également certaines de ses usines aval comme Gandrange (Moselle), etc."
Un projet "ambitieux"
L’intersyndicale CFDT, CFE-CGC et FO estime que "même si les Chinois n’ont pas bonne réputation en matière de reprise", leur projet apparait "ambitieux" avec un carnet de commandes de 450 000 tonnes par an pour Ascoval. L’aciérie nordiste fournirait ainsi son site néerlandais FN Steel ainsi que FRI Hayange. "Jingye est le seul à mettre de l’argent sous séquestre en vue de futurs investissements à raison de 30 millions d’euros", ajoutent les organisations syndicales.
Le secrétaire CFDT du CSE, Grégory Zabot, ne cache pas son inquiétude concernant l’offre d’ArcelorMittal qu’il estime avoir la préférence de l’Etat français. "La mutualisation des services supports et de certains ateliers avec les sites du Luxembourg et de Florange, en Moselle, devrait se traduire par la suppression d’une centaine de postes à moyen terme à Hayange", juge-t-il.
Le secrétaire CGT, Halim Bouktir, craint pour sa part une concurrence interne accrue avec les deux autres laminoirs à rails d’ArcelorMittal en Espagne et en Pologne.



