C’est l’avenir de deux sites industriels français qui est en jeu : celui d’Ascoval à Saint-Saulve (Nord) et celui de Hayange (Moselle). Tous deux en difficulté, le gouvernement souhaite les marier pour mieux leur trouver un repreneur.
Des commandes communes impulsées par l’Etat
Fin 2019, déjà, les deux sites travaillaient ensemble pour répondre à une commande de SNCF Réseau. Hayange avait alors passé commande à Ascoval de 140 000 tonnes de blooms rectangulaires au cours des quatre prochaines années. Cet accord stratégique d’un montant de 47 millions d’euros, encouragé par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, est un souffle d’air pour les deux sites qui cumulent des difficultés depuis quelques années.
Pour l’usine d’Ascoval, qui emploie 270 salariés, propriété de Vallourec jusqu’en 2016, cet accord vient doubler le carnet de commandes et relancer la production qui tournait jusqu’alors au ralenti. Il y a un an, suite à la faillite de British Steel, l’aciérie d’Ascoval était reprise par Olympus Steel (filiale de Greybull Capital, propriétaire de British Steel).
Depuis, Greybull Capital a fait savoir son désir de sortir l’aciérie de son portefeuille. De son côté, l'usine de production de rails de Hayange, qui compte 450 personnes, avait été laissée à l'écart du rachat de sa maison mère British Steel par le chinois Jingye.
Trois candidats intéressés
Des offres de reprises s’étaient manifestées pour Hayange. Le gouvernement souhaite privilégier des offres qui permettent de garantir le devenir des deux sites. Le chinois Jingye, l’indo-britannique Liberty Steel et ArcelorMittal sont en lice pour reprendre le nouvel ensemble. Mais pour les représentants syndicaux du site nordiste, seuls deux repreneurs ont réellement manifesté leur intérêt pour Ascoval. "Nous sommes surpris de lire dans la presse qu’il y a trois potentiels repreneurs, s’étonne Nacim Bardi, délégué syndical CGT à Ascoval. Nous n’avons pas reçu de dossier d’offre de la part d’ArcelorMittal."
Dès le 22 juin, la direction et les représentants du personnel d’Ascoval ont rencontré Jingye et Liberty Steel. "Les deux dossiers se valent", glisse le délégué syndical. Aucun des deux ne comporte de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
Le gouvernement souhaite valider le regroupement et la reprise avant la fin de l’été 2020 pour que ce nouveau groupe fonctionne à l’unisson dès septembre. Et il l’a fait savoir : le candidat qui présente une offre globale préservant les emplois sera privilégié. Cette reprise, évaluée entre 80 et 100 millions d’euros, devrait permettre aux deux sites d’aborder l’avenir avec plus de sérénité.



