Les robots terrestres à l’épreuve de la guerre

Délégation de tir, mobilité, liaison télécoms... Les robots de combat doivent encore gagner en maturité technologique.

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KNDS a développé un robot mulet tactique électrique capable de transporter une charge de 600 kg.

Pour venir en aide aux soldats, les robots de KNDS ont pris du poids et du volume. On est passé des robots légers de quelques kilos, à ceux lourds de plusieurs tonnes. Lors d’une journée organisée fin mars, consacrée à l’innovation dans les armements terrestres, l’industriel a exposé trois démonstrateurs au camp militaire de Versailles-Satory (Yvelines).

Ces robots ne se contentent plus d’embarquer une caméra et d’agir comme un œil déporté pour les soldats. Téléopérés, ils devront être capables à terme d’accomplir des missions lors d’un conflit symétrique de haute intensité. Le premier démonstrateur, muni d’un canon de 20 mm, frappe l’ennemi. Le deuxième, équipé d’un outil pour creuser et retourner la terre, déterre un éventuel explosif afin de sécuriser le passage d’un convoi. Le troisième, sorte de gros coffre sur chenilles, fait office de mule pour décharger les soldats.

«En trois ans, nous devons transformer ces démonstrateurs en robots opérationnels à l’horizon 2027-2028», explique-t-on chez KNDS. Fin 2024, l’industriel a été retenu avec Safran Electronics & Defense par l’armée de terre dans le cadre du projet Droïde d’une durée de sept ans. Selon la Direction générale de l’armement, ce programme vise «à faire monter en maturité les technologies clés nécessaires aux plateformes robotisées terrestres évoluant sur le champ de bataille». L’armée de terre envisage d’acquérir un premier lot de 50 à 100 robots de combat dès 2027-2028.

Pour cela, il faut encore améliorer la mobilité des robots, surtout lorsqu’ils franchissent seuls les obstacles d’un terrain inconnu. «On ne peut pas avoir un soldat derrière chacun. Il faut que le robot soit le plus autonome possible pour les tâches élémentaires comme le déplacement», explique-t-on chez KNDS.

S'affranchir du GPS

Les ingénieurs ont développé un kit de robotisation indépendamment de la plateforme. Il s’agit de multiples calculateurs qui exploitent les informations remontées par les capteurs embarqués (caméra, lidars, centrale inertielle...). De quoi s’affranchir du GPS qui peut être brouillé à tout instant sur le champ de bataille. Pour des solutions robustes à prix compétitifs, KNDS œuvre avec des acteurs de l’automobile comme Valeo et Continental.

D’autre part, l’industriel travaille aussi sur l’autonomie de tir. «On veut s’assurer que le robot tire où il faut, quand il faut et comme il faut», explique-t-on encore. KNDS met en place, techniquement et de manière encadrée, la délégation de tir, soit la capacité pour un soldat de donner à un robot un horizon de temps ainsi qu’une zone de ciblage dans lesquels la machine aurait l’autorisation d’engager le tir automatiquement. La décision de recourir ou non à cette capacité appartient bien sûr aux utilisateurs, souligne l’industriel européen de la défense.

Enfin, la liaison télécoms entre l’opérateur et le robot est essentielle pour transmettre les ordres et recevoir des vidéos à haut débit. KNDS teste des solutions par lien en fibre optique (jusqu’à 1 km de portée), radio (7 km de portée) et même satellite. Dans ce cas-là, le fabricant réalise une expérimentation dans laquelle la connexion avec un véhicule blindé est assurée par une constellation de satellites en orbite basse ! Ceci afin de réduire les temps de latence par rapport à un satellite en orbite géostationnaire. Pour des raisons de souveraineté, KNDS envisage de travailler avec une constellation européenne et des antennes de réception made in Europe. #

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Vous lisez un article du numéro 3742 de L'Usine Nouvelle - Mai 2025

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