KNDS améliore ses robots terrestres pour un conflit de haute intensité

Délégation de tir, mobilité autonome, liaison télécoms…Les défis technologiques sont multiples avant de mettre des robots sur le champ de bataille. A Satory, KNDS met au point des démonstrateurs et espère livrer d'ici à trois ans des robots de combat opérationnels à l’armée de terre.

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Robot de combat KNDS Centurio
Le robot télé-opéré Centurio de KNDS est équipé d'un canon de 20 mm.

Chez KNDS, les robots pour venir en aide aux soldats ont pris du poids et du volume. On est passé des robots poids légers, de quelques kilos, à des robots poids lourds de plusieurs tonnes. Lors d’une journée consacrée à l’innovation en matière d’armement terrestre et organisée le 27 mars, l’industriel a exposé trois démonstrateurs à Satory (Yvelines).

Dès lors, ces robots ne se contentent plus d’embarquer une caméra et d’agir comme un œil déporté pour les soldats. Téléopérés, ils devront être capables à terme d’accomplir des missions dans le cadre d’un conflit symétrique de haute intensité. Le premier démonstrateur, muni d’un canon de 20 mm, peut frapper l’ennemi. Le deuxième, équipé d’un outil pour creuser et retourner la terre, permet de déterrer un éventuel explosif afin de sécuriser le passage d’un convoi. Le troisième, sorte de gros coffre sur chenilles, fait office de mule pour décharger les soldats.

«En trois ans, nous devons transformer ces démonstrateurs en robots opérationnels à l’horizon 2027-2028», explique-t-on chez KNDS. L’industriel a été retenu avec Safran Electronics & Defense en fin d’année dernière par l’armée de Terre dans le cadre du programme Droïde d’une durée de sept ans. Selon la direction générale à l’armement (DGA), ce programme vise «à faire monter en maturité les technologies clés nécessaires aux plateformes robotisées terrestres évoluant sur le champ de bataille». L’armée de Terre envisage d’acquérir un premier lot de 50 à 100 robots de combat d’ici 2027-2028.

Premières commandes attendues en 2027- 2028

Pour cela, il faut encore améliorer l’autonomie de mobilité des robots. Ces derniers doivent pouvoir se déplacer tout seul en évitant ou en franchissant les obstacles sur un terrain inconnu. «Si on veut massifier le champ de bataille, on ne peut pas avoir un soldat derrière chaque robot. Un soldat doit être capable de gérer plusieurs robots. Pour cela, il faut que le robot soit le plus autonome possible sur les tâches élémentaires comme le déplacement», explique-t-on chez KNDS.

Les ingénieurs ont développé pour cela un kit de robotisation indépendamment de la plateforme. Il s’agit de multiples calculateurs qui exploitent les informations remontées par les capteurs embarquées (caméra, lidars, centrale inertielle…). De quoi s’affranchir du GPS qui peut être brouillé à tout instant sur le champ de bataille. Pour avoir des solutions robustes à prix compétitifs, KNDS travaille avec des acteurs de l’automobile et notamment les équipementiers Valeo et Continental.

D’autre part, l’industriel travaille également sur l’autonomie en matière de tir. «On veut s'assurer que le robot tire où il faut, quand il faut et comme il faut», explique-t-on encore. KNDS travaille à mettre en place techniquement et de manière encadrée, la délégation de tir, soit la capacité pour un soldat de donner à un robot un horizon de temps ainsi qu’une zone de ciblage dans lesquels la machine aurait l'autorisation d'engager le tir de manière automatique. La décision d'utiliser ou non cette capacité appartient bien sûr aux utilisateurs, souligne l’industriel.

Enfin, la liaison télécoms entre l’opérateur et le robot est essentielle pour transmettre les ordres. KNDS teste des solutions par lien en fibre optique (jusqu’à 1 km de portée), radio (7 km de portée) et même satellite ! Dans ce dernier cas, le fabricant réalise une expérimentation dans laquelle la connexion avec un véhicule blindé est assurée par une constellation de satellites en orbite basse ! Ceci afin de réduire les temps de latence par rapport à un satellite en orbite géostationnaire. Pour des raisons de souveraineté, KNDS envisage de travailler avec une constellation européenne et des antennes de réception made in Europe.

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