Un million de cas aux Etats-Unis, près de 270 000 en France, 200 000 en Grande-Bretagne. La vague de contaminations liée au variant Omicron n’en finit pas de battre des records. Mais les pays exportateurs de pétrole ne s’en soucient guère. Lors de leur première réunion de l’année, mardi 4 janvier, et menée de façon expéditive, les membres du cartel de l’Opep et leurs partenaires de l’Opep+ ont décidé de maintenir inchangé leur programme de hausse progressive de la production, arrêté en juillet. Les 23 pays pétroliers, qui contrôlent ensemble plus de la moitié de l’offre mondiale de brut, prévoient de mettre sur le marché en février 400 000 barils supplémentaires par jour, comme décidé l'année dernière.
Un effet limité d'Omicron sur la demande
La perspective d’une rechute de la demande de pétrole s’éloigne. Dans son rapport mensuel, l’Opep estime que le nouvelle vague pandémique liée au variant Omicron devrait avoir « un impact limité et restreint dans le temps, alors que le monde est mieux équipé pour gérer le Covid ». Les cours du pétrole ont déjà retrouvé leur niveau de début novembre, proche de 80 dollars pour le Brent. La demande devrait dépasser son niveau d’avant-crise en 2022, pour atteindre en moyenne 100,5 millions de barils par jour, selon l'Opep. Les estimations sont proches de celles de l’Agence internationale de l’énergie, qui table sur une demande de 99,5 millions de barils par jour.
Dans ce marché en voie de normalisation, les pays producteurs ont de la marge pour pomper davantage sans risque de faire chuter les prix. Les volumes de brut stockés dans les pays de l’OCDE sont retombés en décembre à 2,7 milliards de barils, un niveau plus faible que la moyenne de ces cinq dernières années. Au printemps 2020, ceux-ci avaient atteint un record de 3,2 milliards de barils.

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3 Avril 2026
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Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : ils ne sont pas prêts de revoir un pétrole bon marché à la pompe en 2022, sauf nouvelle crise sanitaire de grande ampleur. « L’Opep+ a totalement la main sur le marché et surveille de près les prix pour ne pas les laisser redescendre trop. Ils sont capables de réagir très rapidement », souligne Benjamin Louvet, gérant spécialiste matières premières chez OFI AM.
L'Opep+ en position de force
L’alliance conduite par la Russie et l’Arabie saoudite n’ouvre les vannes qu’avec parcimonie. Le nouveau secrétaire général de l’Opep, le Koweïtien Haitham Al-Ghais, devra réussir à maintenir la discipline entre les membres de l’alliance, pas toujours évidente. Mais ceux-ci sont pour l’instant en position de force. Même si la production de pétrole de schiste redémarre doucement aux Etats-Unis, celle-ci reste inférieure à son pic de 2018. A l’automne, la décision des Etats-Unis de vendre une partie de ses réserves stratégiques pour tenter de peser sur les prix, n’a eu que des résultats limités.
La reprise du trafic aérien, qui représente 8% de la consommation de pétrole, pourrait accélérer les tensions si elle est rapide. Car même du côté de l’Opep+, les marges de manœuvre pour augmenter la production ne sont pas illimitées. « L’Opep+ a annoncé qu’elle augmenterait ses volumes. Mais pour l’instant, la production ne suit pas les objectifs avancés. La Russie notamment est en dessous de ses volumes autorisés », pointe Benjamin Louvet.
Pour maintenir leur production constante, les pays producteurs ont besoin de réinvestir constamment dans leurs puits. La crise a fait chuter les investissements en 2020 et 2021, « bien en deçà du niveau nécessaire selon l’Opep pour compenser la déplétion naturelle », reprend l’expert. Ce qui lui fait tabler sur un rebond du baril à 100 dollars fin 2022. Bank of America, comme Goldman Sachs, anticipe un prix du pétrole 85 dollars en moyenne sur l'année. Le pétrole pourrait dépasser les 100 dollars en 2023 pour Goldman Sachs.



