Les fabricants de compotes et de confitures s'inquiètent des maigres récoltes de fruits

La production de pommes, de fraises, d’abricots et d’ananas devrait chuter cette année. De quoi provoquer l’inquiétude des transformateurs de fruits.

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Compote de pommes
La pomme Golden est la favorite des industriels de la compote.

La chute annoncée de la production française de pommes Golden (-26 % entre les récoltes 2019 et 2020, à 350 000 tonnes) ne fait pas les affaires des producteurs de compotes. Il s’agit de leur variété favorite… tout comme celle des consommateurs, qui plébiscitent ce fruit. 50 % du marché se compose de compotes 100 % pommes, le solde étant représenté par des compotes dont les recettes sont à hauteur de 80 % de pommes en mélanges.

A cette baisse, on identifie deux causes. "La canicule du mois de juin 2019 est survenue au moment de l’induction florale, lorsque le potentiel de fleurs du verger se définit", indique le directeur de l’Association nationale pommes-poires, Josselin Saint-Raymond.

Des difficultés climatiques auxquels s’ajoute un manque de main d’œuvre : "l’indisponibilité de la main d’œuvre dans toute l’Europe pour le ramassage des fruits se fait sentir. De plus, les restrictions de circulation restent nombreuses et pénalisent la logistique", poursuit Christian Divin, directeur général de la Fédération des industriels des aliments conservés.

Des récoltes de fruits en chute libre

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Les transformateurs de fruits, dont les compotes représentent 67 % des ventes devant les confitures et marmelades (26 %) ainsi que les fruits en conserve (7 %), estiment que la hausse du prix des pommes françaises pourrait atteindre 71 % cette année. Autre produit en tension, la pêche, dont la récolte française est attendue en repli de 10 %. La production européenne perdrait 22 % sur un an et s’établirait à son plus faible niveau depuis 2003. Pour la fraise, l’insuffisance de la production française se couple à des difficultés d’approvisionnement sur l’origine Maroc. Sur l’abricot, la récolte française devrait se replier au minimum de moitié. La fraise et l’abricot représentent 40 % du marché de la confiture, à parts égales.

Diversifier les approvisionnements

Ces difficultés remettent en question la structuration des filières. "Sur les fruits jaunes, nous sommes en grande partie d’origine française, sauf pour les pêches où il n’y a plus vraiment de production française. Pour les fruits rouges, les approvisionnements proviennent principalement des Balkans et de l’Espagne. Nous travaillons avec l’interprofession sur la possibilité de renforcer les filières françaises en matière de fruits rouges. Cela passe déjà par le renforcement des contrats contractuels pluriannuels avec les producteurs", explique Christian Divin.

Cette année, la récolte de mirabelles et de quetsches devrait perdre 10 % dans la région Grand-Est. En Thaïlande, 900 000 tonnes devraient être produites en 2020, contre 1 813 000 tonnes trois ans plus tôt, compte tenu de prix très inférieurs aux coûts de production. La production de cassis serait stable en France, mais diminuerait de 35 % en Pologne, l’un des pays privilégiés par les importateurs.

Les producteurs de fruits transformés comptent par ailleurs sur la réouverture des restaurants - sauf bien sûr si les mesures locales pour les refermer en raison du Covid-19 se multiplient - pour regagner des volumes après l’impact du confinement, à l’instar de nombreuses autres filières agroalimentaires. Leur chiffre d’affaires s’élevait l’an dernier à 1,35 milliard d’euros.

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