Si le prix des produits de première nécessité (pâtes, riz, farine ect) n'a augmenté que faiblement depuis le début du confinement (+2,5% sur la semaine du 6 au 11 avril), il n'en est pas de même pour les fruits et légumes. Une étude réalisée par l'association de consommateurs UFC Que Choisir et publiée dans Le Parisien démontre en effet une hausse moyenne de 9%: 6% pour les fruits et légumes conventionnels et 12% pour les produits bio.
En cause ? L'augmentation du prix du transport, des emballages mais également l'origine française des produits.
Jusque 30% d'augmentation du coût des transports
Des camions qui déchargent des fruits et légumes et qui repartent à vide faute de marchandise... avant la crise, c'était une situation impensable. Depuis le début du confinement, cela est pourtant de plus en plus commun.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Résultat: les coûts de transport ont explosé. Selon le baromètre de l'Association Nationale des Industries de l'Agroalimentaire (ANIA), les tarifs de la logistique ont, en moyenne, augmenté de 6%. L'interprofession de la filière des fruits et légumes frais Interfel parle, quant à elle, d'une augmentation qui pourrait aller jusque + 30%. A cela s'ajoute le retour des emballages utilisés systématiquement pour protéger les fruits et légumes.
L'origine française des produits
Depuis fin mars, dans les rayons des supermarchés, de nombreux produits frais espagnols, italiens ou polonais ont été substitués par des fruits et légumes d'origine France. Les grandes surface de l'alimentaire ont, en effet, répondu à l'appel du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire de s'approvisionner auprès des agriculteurs français.
Un choix qui se traduit également sur les prix en rayon. "Pour faire simple, la fraise gariguette française est beaucoup plus chère que la fraise espagnole", avait d'ailleurs reconnu le ministre le 9 avril dernier lors d'une conférence de presse. "Les fruits et légumes espagnols ou marocains par exemple sont considérés comme entrée de gamme alors que les produits français sont généralement de meilleure qualité", confirme t-on chez les producteurs de fraises.
Le prix du "made in France" est également impacté par la pénurie de main d'oeuvre dont souffrent les agriculteurs depuis le début de la crise. Faute de saisonniers étrangers, les exploitations voient le poids des coûts salariaux augmenter et le répercutent sur les prix finaux.
Face à ce constat, l'UFC Que Choisir craint que l'augmentation des prix des fruits et légumes ne se répercute sur l'ensemble des produits agroalimentaires. Une hypothèse déjà évoquée par l'ANIA qui, dans son baromètre mensuel, constate une augmentation des coûts pour les industriels et n'hésite pas à évoquer une augmentation des prix à la sortie de la crise.



