Calvados, quand les pommes trinquent

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Les Français vont-ils sauver la filière calvados ? D’ici à décembre, 1 million de bouteilles doivent être écoulées pour résorber le retard pris dans les ventes. Depuis le mois de mars, les distilleries normandes ont enregistré une baisse de 50 % de chiffre d’affaires en moyenne.

Chaque année, 40 000 tonnes de pommes et de poires sont transformées en calvados (90 %), pommeau et cidre AOP. "Étant donné que les cuves et les fûts n’ont pas été vidés, absorber la prochaine récolte sera compliqué. Des fruits ne vont pas trouver preneurs. Le risque est de devoir abattre des arbres", alerte Didier Bédu, le président de l’Interprofession des appellations cidricoles. La filière représente 300 TPE et PME, environ 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et 8 000 hectares de vergers.

"Nous devons veiller à l’ensemble de nos dépenses. J’aimerais bien acheter autant de fruits que les années précédentes, mais nous devrons penser à notre trésorerie", ajoute Guillaume Drouin, qui produit 80 000 bouteilles par an à Pont-l’Évêque (Calvados). Pour rebondir, la filière appelle les pouvoirs publics à l’aide, et interpelle les Français. "C’est le meilleur moyen de soutenir les territoires plutôt que de consommer des whiskies écossais ou des produits importés", lance Didier Bédu. Habituellement, 50 % de la production est exportée. La légère baisse de la récolte de pommes anticipée cette année apparaît de fait comme un soulagement. Il en faudra toutefois plus pour que le verre ne soit pas à moitié plein.

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