Produire de l’hydrogène vert en mer, rien de plus facile. Ou presque. C’est ce que fait depuis quatre ans, sur toutes les mers du globe, le catamaran laboratoire Energy Observer du capitaine malouin Victorien Érussard, avec l’aide de technologies du CEA. Peut-on faire passer cette production à l’échelle industrielle ?
Avec de l’énergie solaire, comme sur l’Energy Observer, peut-être pas. Mais avec les énergies marines, pourquoi pas. Si la start-up Lhyfe construit à Bouin (Vendée), en bord de mer, une première unité de production d’hydrogène vert reliée au parc éolien terrestre sans passer par le réseau électrique, c’est bien pour le réaliser à terme en pleine mer, au pied d’éoliennes offshore.
Une future turbine géante offshore
L’idée n’a rien d’utopique. Siemens Energy et Siemens Gamesa ont annoncé au début de l’année qu’ils allaient engager 120 millions d’euros sur cinq ans dans le développement d’une solution intégrée de production d’hydrogène en mer, au pied des éoliennes (ou offshore wind-to-hydrogen).

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Siemens Gamesa consacrera 80 millions d’euros à l’intégration d’un système d’électrolyse dans sa future turbine géante offshore de 14 mégawatts. Quant à Siemens Energy, il investira 40 millions d’euros dans le développement d’un électrolyseur modulaire, synchronisé avec l’éolienne, répondant aux contraintes maritimes et installé sur une plate-forme dédiée à la base de l’appareil. Un démonstrateur devrait voir le jour en 2025 ou 2026.
Nous allons utiliser certaines briques technologiques pour développer la production de masse d’hydrogène vert en mer.
— Fanch Le Bris, directeur général de Sabella
L’énergie des courants pourrait aussi être utilisée. C’est ce que croit le breton Sabella, qui a annoncé le 1er février reprendre les activités hydroliennes de GE Renewable Energy. « Nous allons utiliser certaines briques technologiques pour développer la production de masse d’hydrogène vert en mer », explique Fanch Le Bris, le directeur général de Sabella. Il compte notamment associer des technologies de sécurité de la chaîne électrique des turbines de barrage de GE à la robustesse de ses hydroliennes D10 pour fabriquer des machines de très grande puissance.
Un projet low tech porté par des pêcheurs bretons
Enfin, on pourrait assister au grand retour de l’énergie des vagues. Des pêcheurs des Côtes-d’Armor soutiennent un projet un peu fou en baie de Saint-Brieuc : produire de l’hydrogène grâce à la technologie houlomotrice très rustique et « low tech » brevetée du cabinet d’ingénierie bordelais Hace, associé au spécialiste malouin de l’hydrogène H2X Ecosystems.
Dix pour cent de l’hydrogène produit servirait de carburant aux pêcheurs pour leurs bateaux rétrofités et le reste de la production étant acheminé à terre pour alimenter des flottes de bus et de véhicules utilitaires locaux. Le tout serait piloté par une société détenue par les acteurs locaux, en toute indépendance des grands énergéticiens et des réseaux. Et pourquoi pas ?



