Engie aura obtenu gain de cause. Il partagera à part égale, avec l’État belge, les coûts et risques de la prolongation de deux réacteurs nucléaires, a-t-il annoncé, lundi 9 janvier 2023, dans un communiqué. Une loi de 2003 prévoyait la sortie du nucléaire de la Belgique en 2025. Mais la course à la neutralité carbone et la crise énergétique, qui compromettent l’alternative gaz prévue initialement, ont changé la donne. Et alors qu’Engie rappelait qu’il lui fallait cinq ans de préparation pour prolonger le nucléaire belge au-delà de 2025, le gouvernement belge n’a pris la décision que le 18 mars 2022, de prolonger deux réacteurs, les plus récents, Doel 4 et Tihange 3. Faute de combustible et des études techniques nécessaires, ces derniers seront donc bien arrêtés, respectivement les 1er juillet et 1er septembre 2025, mais Engie a trouvé un accord pour être en mesure de les redémarrer en 2026 pour dix ans.
La coentreprise Etat-Engie actée
Le 9 janvier 2023, Engie et le gouvernement fédéral belge ont signé un accord de principe qui «constitue une étape importante et ouvre la voie à la conclusion d’accords complets dans les mois qui viennent», annonce Engie. Il va permettre d’engager immédiatement les études environnementales et techniques préalables nécessaires à la prolongation. Il acte ce qu’avait demandé Engie dans une lettre d’intention du 21 juillet 2022, à savoir que les deux réacteurs seront gérés par une coentreprise détenue à parts égales par Engie et l’État belge.
L’accord définit également un plafonnement des provisions liées au traitement des déchets nucléaires. Le 20 décembre 2022, Engie avait considéré que la révision triennale des provisions pour le démantèlement des centrales nucléaires belges et la gestion de l’aval du cycle du combustible usé, qui s’élevait à 3,3 milliards, était, pour les 2,9 milliards destinés à Synatom (gestionnaire de matières radioactives) injustifiée.



