Les décisions controversées se multiplient outre-Quiévrain. Quelques heures après l’annonce de nouvelles restrictions sanitaires à l’approche des fêtes de fin d’année, la coalition gouvernementale belge a accouché dans la souffrance jeudi 23 décembre d’un accord sur le nucléaire. Le « Kern », conseil des ministres restreint, a confirmé la fermeture d’ici 2025 des sept réacteurs nucléaires présents sur le territoire. C’était le « scénario A » envisagé par les autorités, qui ne ferment malgré tout pas la porte à une prolongation de deux réacteurs au-delà de 2025 en cas de besoin (le « scénario B »).
Ce qui pourrait néanmoins poser problème : l’exploitant du parc nucléaire belge, Engie, a annoncé en début d’année qu’il stopperait le nucléaire en Belgique en 2025, quoi qu’il arrive.
100 millions d’euros pour les SMR
Les autorités se sont en outre entendues pour investir près de 100 millions d’euros sur quatre ans dans la recherche sur les «nouvelles technologies nucléaires émergentes». A savoir les SMR (Small Modular Reactors), ces réacteurs de nouvelle génération que le Premier ministre, Alexander De Croo, a présenté comme «le futur de l’énergie nucléaire» car «plus petits et plus sûrs par rapport à la génération actuelle», lors d’une conférence de presse ce jeudi en fin de matinée. « C’est avec un regard ouvert vers l’innovation et les nouvelles technologies que nous devons regarder le futur énergétique», a-t-il assuré. En France, le président de la République Emmanuel Macron a lui aussi annoncé un investissement de près d’un milliard d’euros dans ces petits réacteurs nucléaires dans le cadre du plan d’investissement France 2030.

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Un compromis à la belge
Depuis plusieurs semaines, la coalition au pouvoir (qui regroupe près de sept partis) s’écharpe sur la sortie du nucléaire, inscrite dans la loi depuis 2003. Au sein du gouvernement, le parti Ecolo milite pour l’arrêt. A droite, le Mouvement réformateur s’y oppose frontalement. Il est inquiet pour la sécurité des prix et de l’approvisionnement. Et pour cause : pour sortir du nucléaire, il faudra produire de l’électricité autrement. Or les capacités de production alternatives ne sont pas encore au point. Selon les experts, il faudrait construire a minima deux nouvelles centrales au gaz pour pallier le manque. Pas forcément très écologique, ni réalisable en trois ans à peine…
Trois ans. C’est justement le délai nécessaire pour la construction d’une centrale au gaz selon Engie, numéro un de la production d’électricité en Belgique. Le groupe est en discussion avec les autorités pour implanter sur la commune de Vilvoorde une centrale d’une puissance de 850 MW. Problème : la ministre flamande de l'Environnement a refusé il y a quelques jours de délivrer un permis d’exploitation. Une décision qui jette un « certain trouble », a commenté ce matin le Premier ministre belge, qui assure toujours chercher une solution.



