Il a d’un coup rajeuni la filière nucléaire de 50 ans. Lâché une première fois par Emmanuel Macron lors d’un discours au Creusot, chez Framatome le 8 décembre 2020 – dans lequel le chef de l'Etat rappelait à la filière nucléaire son attachement pour l’atome –, le terme de SMR (Small modular reactor) connait un succès fou en France depuis l’automne. Et pour cause : lors de la présentation du plan France 2030, le président de la République a annoncé que l'Hexagone allait consacrer un milliard d’euros aux innovations de rupture dans le nucléaire pour « faire émerger en France dès 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants, avec une meilleure gestion des déchets ».
Il était temps. Dans la course mondiale aux SMR engagée depuis vingt ans, la France est plutôt à la traîne. Le projet de SMR Nuward du consortium EDF, Naval Group, CEA et TechnicAtome, n’est encore qu’au stade du concept avancé. A l’inverse, des SMR sont déjà en construction, voire opérationnels dans le monde : en Russie, en Chine et bientôt aux États-Unis, avec le projet d’une start-up, Nuscale. Même le Royaume-Uni est plus en avance que la France sur ce sujet, avec plusieurs projets. Parmi eux, celui de Rolls-Royce, qui vient d’ailleurs de créer un filiale dédiée.
Un secteur encore ouvert
Or, ces SMR intéressent de plus en plus de pays dans le monde, au-delà de ceux qui en développent. En témoigne notre carte des projets de SMR à travers la planète. Mais la compétitivité de ces futurs réacteurs proviendra des effets d’échelle rendus possibles par une production en série des pièces. Bilan : seuls quelques heureux vainqueurs devraient s’imposer sur ce marché naissant. D’où l’urgence pour la France de se positionner sur cette technologie.
Des pistes intéressantes se dessinent, à l’image du projet de la toute jeune start-up française, Naaera… Celle-ci vient de se lancer avec un étonnant projet de SMR aux sels fondus capable de recycler les combustibles usés des grandes centrales… Et veut croire que les premiers partis ne seront pas forcément les gagnants. De fait, rien n’est écrit en matière de SMR. D’autant que cet acronyme cache plusieurs concepts et technologies de troisième et de quatrième génération, aux niveaux de maturité très divers.



