Les bétonnières tournent à plein régime, à un an des élections municipales en France. De janvier à avril 2025, les ventes de produits en béton destinés aux travaux publics ont grimpé de 8,2%, tandis que celles destinées au bâtiment ont chuté de 9,4% par rapport à la même période de 2024.
«Les travaux publics sont portés par les cycles électoraux, avec des travaux de voirie ou l’aménagement d’espaces publics, puisque les maires veulent montrer qu’ils ont un bon bilan avant les élections», estime Benoît Hennaut, le vice-président et président de la commission Economie de la Fédération de l’industrie du béton (431 entreprises, 696 sites de production, 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024). Les élections municipales sont prévues en mars 2026.
La fédération entrevoit la fin de cette période de cycle pré-électoral d’ici au mois de septembre, et s’inquiète des capacités financières des collectivités territoriales, ce qui l’amène à prévoir une activité en baisse de 2% sur l’ensemble de l’année 2025.
L’impact du rebond du marché du logement se fait attendre
Du côté du bâtiment, l’effondrement du marché de la maison individuelle et le fort recul du logement collectif au cours des deux dernières années se fait encore sentir. «Les ventes de maisons individuelles aux particuliers remontent significativement ces derniers mois. Les taux d’intérêt baissent. Il y a aussi les besoins en logements de nouveaux ménages», observe Benoît Hennaut. En glissement annuel de janvier à avril 2025, les mises en chantier de logements neufs ont grimpé de 7,7 %. Les permis de construire sont en hausse de 11,9 %, davantage portés par le logement collectif (+14,1 %) qu’individuel (+8,3 %). Compte tenu du décalage entre les ventes de maison et le lancement des travaux, dont l’impact est estimé à neuf mois en moyenne, l’activité de la préfabrication béton est attendue en repli, sur le segment du bâtiment, de 4% en 2025.
La santé du secteur du bâtiment encore contrariée
Sur l’ensemble de l’année 2025, l’activité de la préfabrication devrait baisser de 3%. L’inflation préoccupe Benoît Hennaut : «le coût de construction des logements individuels et collectifs a progressé de 20% à 25% entre 2021 et 2025», rappelle-t-il. D’après la Fédération française du bâtiment, les coûts de construction, tous bâtiments confondus, ont augmenté de 1,4% au premier trimestre 2025, sur un an.
Autre défi, celui des défaillances des entreprises de bâtiment, qui utilisent des produits béton. Elles reculent sur les quatre premiers mois de 2025, par rapport à la période janvier-avril 2024 (-0,7 %), notamment dans le gros œuvre (-3,8%). Toutefois, «Il faut que nous portions une attention très particulière au recouvrement : il y a beaucoup de défaillances de petites entreprises (+15%), et les moyennes risquent d’être en difficulté aussi», estime Benoît Hennaut.



