En 2025, la crise du bâtiment en France devrait légèrement se calmer

L’activité du bâtiment devrait reculer en France de 2,6% en 2025, contre -5,5% en 2024, selon des prévisions de la Fédération française du secteur.

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Chantier Rennes Constellation: construction hors-site - Mayers (Avril 2024)
A Rennes (Ille-et-Vilaine), le chantier de la résidence étudiante Constellation, construite hors-site, a repris, après les difficultés éprouvées par son promoteur Réalités et sa filiale Mayers.

En 2025, le marché français du bâtiment devrait continuer à décroître, mais de manière moins sévère qu’escompté. «Nous entrevoyons une éclaircie. Malheureusement, à la fin de l’année 2025, ce ne sera pas un ciel bleu qui va apparaître, le bâtiment ayant un temps long, malgré les promesses de la loi de finances 2025», a estimé, mardi 11 mars, Olivier Salleron, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

Au terme de l’année 2025, l’activité du secteur reculerait de 2,6%, selon les prévisions révisées publiées par l’organisation professionnelle. Avant l'adoption de la loi de finances, la FFB prévoyait une activité en repli de 5,6% en 2025, après un recul de 5,5% en 2024.

Une remontée observée sur le segment de la maison individuelle

Dans le détail, la construction neuve serait toujours en souffrance. L’activité perdrait 6,8% en 2025, contre une baisse de 12,7% en 2024. L’accalmie est la plus visible dans le logement (-5,4%, contre -19,1% l’an passé). «Pour les constructeurs de maisons individuelles, les trois derniers mois ont été plutôt positifs. On voit beaucoup de nos concitoyens qui ont envie d’acquérir un logement ou une maison individuelle», observe Olivier Salleron. 14335 logements ont été mis en vente au quatrième trimestre 2024, en augmentation de 6,4% par rapport au trimestre précédent, selon le ministère de la Transition écologique.

En revanche, le non-résidentiel neuf perdrait 8,4%, contre 4,1% en 2024. Ce qui surprend Olivier Salleron. «Malgré la tenue des élections municipales dans un an, on voit que la baisse est très forte. Ce n’est pas normal, ce chiffre devrait être beaucoup plus élevé», estime le président de la FFB, qui pointe notamment l’instabilité gouvernementale de ces derniers mois, et les difficultés observées par de nombreuses entreprises. Un point de satisfaction demeure dans le secteur, celui de la stabilité du secteur de l’amélioration-rénovation (+0,6%, contre +0,7% en 2024).

Lors de la présentation de ses résultats annuels, fin février 2025, le géant mondial des matériaux de construction Saint-Gobain estimait que le point bas semblait «désormais atteint», en Europe, pour la crise de la construction, y compris en France. Via ses activités immobilières, dans le logement neuf, Eiffage indiquait pour sa part que cette branche avait «désormais touché son point bas» au vu de la remontée du chiffre d’affaires enregistrée au quatrième trimestre 2024.

Un prêt à taux zéro pleinement rétabli

La FFB dresse un bilan positif de l’adoption de la loi de finances 2025, qu’elle appelait régulièrement de ses vœux depuis plusieurs mois; avec les dix fédérations professionnelles réunies dans l’Alliance du logement. Le texte comprend notamment un retour du prêt à taux zéro neuf partout et pour tous, jusqu’à fin 2027.

Autre mesure, l’exonération des droits de donation et succession, dans la limite de 300000 euros par bénéficiaire, pour un investissement dans le neuf ou pour des travaux de rénovation, jusqu’à fin 2026, et non pendant un an comme initialement envisagé. Le budget du dispositif d’aides gouvernementales à la rénovation MaPrimeRénov’ a été préservé au niveau de 2024, soit 2,3 milliards d’euros.

Toutefois, l’emploi a souffert au cours des derniers mois. Entre 2023 et 2024, les défaillances d’entreprises individuelles du bâtiment ont grimpé de 26%, celles de sociétés comptant de 1 à 5 salariés de 23,5%, et celles d’entreprises comptant 50 salariés ou plus de 55,2%. Environ 30000 postes ont été perdus en équivalent temps plein en 2024, un chiffre qui pourrait grimper à 50000 en 2025.

Les prochains seuils de la RE2020 passés au crible

Jeudi 5 mars, Valérie Létard, la ministre auprès du ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée du Logement, a annoncé le lancement d’une étude d’impact visant à documenter les impacts économiques des normes prévues dans les prochaines années. L’entrepreneur et consultant Robin Rivaton devra notamment passer en revue les seuils 2028 et 2031 de la RE2020, la réglementation environnementale qui s’applique actuellement, en France, pour la construction neuve. «ll est essentiel d’adapter nos réglementations pour tenir compte des réalités du terrain tout en accélérant la production de logements» a indiqué, par voie de communiqué, Valérie Létard, qui avait déjà publié un premier décret de simplification de la RE2020 le 31 décembre 2024.

«La marche à franchir en 2028 est très importante techniquement. Cela va entraîner des coûts, qu’il va falloir estimer pour les acheteurs potentiels. Dans une période qui sera encore instable, il ne faudrait pas renchérir les coûts. Toutefois, il faut réaliser la transition écologique dans notre pays, on est champions du monde. La France est le pays où l’on construit de façon obligatoire les bâtiments les plus vertueux, chose à faire à condition que cela soit planifié et programmé», a réagi Olivier Salleron, le président de la FFB.

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