Les ambitions de la start-up belfortaine Neext Engineering dans le domaine des petits réacteurs nucléaires modulaires

Des anciens de General Electric Belfort ont annoncé mercredi 21 septembre la création d’une start-up dans le domaine des petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR. L’Usine Nouvelle fait le point sur ses ambitions.

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Contrairement aux autres start-up françaises du SMR, comme Jimmy ou Naarea, Neext ne donne aucune précision technique sur le SMR qu’il souhaite développer.

L’appel à projets «réacteurs nucléaires innovants» du plan France 2030 crée des vocations. Doté de 500 millions d’euros, cette initiative vise à faire émerger des start-ups dans le domaine des petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR (small modular reactor), en complément du projet Nuward d’EDF, soutenu lui aussi à hauteur de 500 millions d’euros par France 2030. Mercredi 21 septembre, des experts de l’énergie de Belfort organisés dans association de préfiguration de sociétés d’intégration et d’ingénierie systèmes (Apsiis), ont annoncé la création d’une start-up Neext Engineering, dont le premier objectif est de candidater à cet appel à projets SMR. Les dossiers pour la phase 1, portant sur la recherche industrielle, doivent être remis d’ici à juin 2023.

Contrairement aux autres start-up françaises du SMR, comme Jimmy ou Naarea, Neext ne donne aucune précision sur le SMR qu’il souhaite développer. «C’est trop tôt. Des discussions sont encore en cours avec plusieurs acteurs de la filière nucléaire», explique Jean Maillard, le président et cofondateur de Neext Engineering. La jeune entreprise n’aurait en fait pas vocation à construire un nouveau type de réacteur nucléaire, mais à valoriser les compétences d’intégration des ingénieurs de la région du Nord Belfort «pour proposer de nouveaux designs disruptifs de SMR». Un savoir-faire de bureau d’études que maîtrise bien le directeur général et deuxième cofondateur de la nouvelle start-up, Nicolas Moulin. Ce dernier était président de la coentreprise nucléaire GE-Alstom GEAST, qui produit les turbines nucléaires Arabelle, et qui doit être rachetée par EDF, à la demande de l’Etat.

Des SMR de quatrième génération multi-usages 

«Notre vision est qu’avec une intégration forte des technologies, on peut atteindre plus d’efficience. Mais on ne va pas faire de concurrence directe à Nuward. Contrairement au SMR d’EDF, nous ne visons pas seulement la production électrogène, mais le développement d’une petite centrale multi-usages pour la production d’hydrogène ou d’eau dessalinisée, pour des clients publics ou privés», explique quand même Jean Maillard. Si, comme les autres start-up du SMR, Naarea ou Jimmy, Neext dit s’intéresser aux réacteurs de quatrième génération, la structure ne précise pas dans quel ordre de puissance. On saura juste que Neext «ne vient pas en concurrence frontale des compétiteurs, mais avec une approche différente», insiste Jean Maillard.

Les cofondateurs de Neext misent en effet beaucoup sur un outil de modélisation multi-physique qu’ils annoncent développer pour l’activité de bureau d’études qu’exercera aussi la start-up, pour «produire des centrales nucléaires» et valider leur concept de SMR innovant. L’entreprise devrait rester de taille modeste avec juste une quinzaine de personnes, essentiellement des ingénieurs intégrateurs, des ingénieurs modélisation multi-physique et des développeurs informatiques, d’ici à 2030. Pour son financement, les cofondateurs comptent sur un nouveau fonds citoyen belfortain, que lance l’association Apsiis. Mais aussi sur une plus classique levée de fonds de plusieurs millions d’euros.

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