Rolls-Royce crée une filiale SMR pour produire son petit réacteur nucléaire en usine

Le célèbre constructeur de moteurs d’avions britannique Rolls-Royce a annoncé le 9 novembre la création d’une filiale Rolls-Royce Small Modular Reactor (SMR) pour préparer l’industrialisation de son petit réacteur nucléaire de 470MW, qui pourrait faire de l’ombre au SMR français Nuward.

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Rolls-Royce veut construire ses SMR en usine
Les neuf dixièmes des centrales SMR Rolls-Royce seront construits ou assemblés en usine.

On le sait peu. Mais le célèbre constructeur de moteurs d’avions Rolls-Royce avait aussi des activités de service au nucléaires vendues à l'américain Westinghouse en 2019. Il est aussi le concepteur des réacteurs nucléaires des sous-marins britanniques depuis les années 1950. Un savoir-faire qui, en France, est logé chez TechnicAtome. Lorsqu’en 2015, le gouvernement britannique a lancé un appel à projets pour de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), Rolls-Royce a donc répondu présent. Il a présenté un projet de minicentrale à eaux pressurisées, la technologie utilisée dans près de 400 réacteurs nucléaires en service dans le monde, d’une puissance de 440 à de 470 MWe.

L’industriel explique que ces minicentrales seront l'équivalent de plus de 150 éoliennes terrestres et pourront recharger 88 millions de smartphones, 63 000 voitures électriques, allumer 40 millions d’ampoules électriques et 8 millions de grands écrans de télévision et alimenter en électricité une ville de la taille de Leads, soit un million de foyers. Ils sont prévus pour fonctionner au moins 60 ans.

Plus puissant que le projet de SMR français Nuward, qui doit dans une même centrale associer deux réacteurs de 170 MW mais une seule turbine, il entrerait aussi en compétition avec le projet de l’américain Nuscale, qui peut associer jusqu’à 12 réacteurs de 77 MWe, le seul à être aujourd’hui certifié par une autorité de sûreté nucléaire et à avoir débuté sa commercialisation, même la construction de la tête de série, aux Etats-Unis n’a toujours pas commencé.

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Ces SMR seraient certes trois fois moins puissants qu’un EPR français, ou deux fois moins qu’un AP1000 américain,  mais ils pourraient s’insérer dans le programme de nouveau nucléaire du Royaume-Uni, alors que plusieurs industriels étrangers sont sortis de projets de centrales plus puissantes, pour remplacer les réacteurs en fin de vie. Les SMR font de plus partie des dix solutions sur lesquelles mise Boris Johnson, le premier ministre britannique, pour sa «révolution industrielle verte» qui doit permettre d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Rolls-Royce vise aussi l’export, évoquant un marché de 250 milliards de livres. Des protocoles d’accords auraient déjà été établis avec l'Estonie, la Turquie et la République tchèque.

Ce n’est pas sur la technologie ou la puissance que Rolls-Royce mise pour s’imposer sur le marché à peine naissant des SMR. C’est sur sa capacité à produire en série, en usine, comme il le fait pour ses moteurs, les composants de ces minicentrales nucléaires. Une production qui pourrait créer 40 000 emplois au Royaume-Uni d’ici à 2050, avance le motoriste anglais. Et c’est autant pour avancer sur le design du SMR que sur l’industrialisation de ses composants que Rolls-Royce explique avoir créé sa filiale SMR dont il détiendra environ 80%.  

450 millions d'euros pour le design

Rolls-Royce n’avance en effet pas seul. En novembre 2020, le motoriste annonçait la signature d’un accord avec le producteur et distributeur d’électricité américain Exelon Generation. C’est désormais l’un des actionnaires de la filiale SMR de Rolls-Royce, aux côtés du financier BNF Resources. Les trois vont investir 195 millions de livres (environ 230 millions d’euros) sur trois ans pour affiner le «basic design» du SMR, la phase 2. Le gouvernement britannique doublera la mise avec une subvention de 210 millions de livres (environ 246 millions d’euros). La phase 1 de définition du concept avait déjà été financée à hauteur de 18 millions de livres par le UK Research and Innovation (UKRI) lors du concours Low Cost Nuclear. Rolls-Royce doit soumettre son projet au régulateur britannique d’ici à la fin de l’année.

Sur le design proprement dit, on sait peu de chose hormis qu’un seule centrale occuperait l'espace de deux terrains de football. La solution sera disponible au «début des années 2030» sur le réseau britannique, annoncent les partenaires dans un communiqué. Les neuf dixièmes des centrales SMR Rolls-Royce seront construits ou assemblés en usine et 80 % pourraient être livrés par une chaîne d'approvisionnement britannique.

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