Reportage

Le TGV M poursuit ses essais en France

Le 6 octobre, le TGV M est arrivé au Technicentre Sud-est européen, à Paris. Les équipes de la SNCF et d'Alstom poursuivent des essais très exigeants sur les quatre rames qui composent la présérie. La mise en service du modèle est toujours prévue en 2025.

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TGV M SNCF
A Paris, le technicentre Sud-est Européen a subi d'importants changements pour accueillir le TGV du futur.

C’est sous les applaudissements d’une petite assemblée que la rame 997, déjà aperçue à Paris, a fait sa lente entrée dans le technicentre Sud-Est européen. Situé dans le XIIe arrondissement de Paris, l'établissement permet à la SNCF d'entretenir ses TGV à destination du sud de la France. Deux semaines après avoir atteint sa vitesse de croisière de 320 km/h, le TGV M, rebaptisé TGV Inoui 2025, poursuit ses essais.

«Le technicentre a accueilli toutes les générations de TGV. L’établissement a dû subir des transformations en profondeur pour accueillir celui-ci, raconte Nicolas Tellier, directeur du technicentre Sud-Est Européen SNCF. Nous avons un atelier composé de deux voies pour épouser tous les gabarits, nous pouvons faire des travaux sur tous les trains, y compris le TGV M. Nous avons aussi mis en place des bancs de mesure automatiques, pour contrôler les défauts sur les roues sans avoir à les faire tourner.»

TGV M Farandou BeauneMalik Habchi
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Le président du groupe SNCF, Jean-Pierre Farandou, et le ministre délégué chargé des Transports, Clément Beaune, à l'arrivée de la rame 997. Crédits : Malik Habchi

Une batterie de tests

La rame 997 est l’une des quatre rames dites de présérie qui subissent actuellement un assortiment de tests exigeants et longs. Si aucun ameublement n’est présent à l’intérieur des voitures, les tests doivent quand même se faire dans des conditions réelles en termes de poids : ainsi, des poids de 15 kg sont disposés un peu partout dans les rames.

«C’est une des rames d’homologation du train. On doit vérifier les capacités de freinage, de mouvement, s’assurer que la partie électrique ne génère pas de problèmes de traction, explique Hervé Pellois, directeur de l’agence d’essai ferroviaire de Vitry-sur-Seine. Et ce dans toutes les conditions. On a par exemple des bidons d’eau savonneuse qu’on injecte entre la roue et le rail, pour simuler des feuilles mortes ou la rosée du matin, et on fait attention à ce que la distance de freinage ne change pas.»

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L'intérieur du TGV M fait office de laboratoire d'essais. Crédits : Malik Habchi

Plus d’ergonomie pour les conducteurs

Pour accueillir le nouveau matériel, il faut aussi préparer le personnel qui va le prendre en main. «La conduite du nouveau TGV comporte des spécificités par rapport aux anciens, il faut donc repasser une formation courte», indique David Goeres, directeur des projets TGV M. «De plus, chaque conducteur aura accès à des simulateurs pour se former.» Il faut dire que le tableau de bord du TGV du futur laisse la part belle au tactile, comportant des boutons «pour la sécurité».

Pour Patrice Huet, conducteur d’essais sur le TGV M, les évolutions du matériel sont bienvenues. «Le freinage est plus souple, on a plus d’ergonomie avec l’écran tactile, et il y a un nouveau système qui empêche la dérive du train à vitesse basse», raconte ce dernier, tout sourire. Côté formation, s’il est encore trop tôt pour qu’un parcours soit bien défini, le conducteur indique avoir eu «une petite séance de découverte avec les ingénieurs d’Alstom».

Patrice Huet et ses collègues resteront mobilisés jusqu’à la fin des tests, prévue pour juin 2024 en ce qui concerne la rame 997. Car si le TGV M a atteint sa vitesse de croisière, il faut encore qu’il fasse ses preuves. L’objectif : atteindre un million de kilomètres, partagés entre les quatre rames de présérie. «Tester la circulation sur 300 kilomètres en ligne droite n’est pas intéressant. Par contre il sera pertinent de la tester dans les Alpes, du côté d’Albertville, où le matériel roulant est fortement sollicité. Nos dynamiciens adorent, souligne Hervé Pellois. Il faut aussi que le train atteigne 352 km/h, soit 10% de plus que sa vitesse maximale.»

La mise en service du TGV Inoui 2025 ne sera pas avant – comme son nom l’indique – en 2025, mais nul doute qu’il lui reste plein de surprises à montrer, selon David Goeres : «Il y a 400 innovations dans ce train, il lui reste plein de choses à dévoiler.»

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