Le renoncement d’EDF à soutenir la reconversion biomasse de sa centrale au charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) n’affecte pas le projet de transformation de son homologue de Saint-Avold (Moselle) exploitée par GazelEnergie.
L’énergéticien, filiale du groupe tchèque EPH, a confirmé à L’Usine Nouvelle, le 30 septembre, que plusieurs scénarios étaient toujours sur le bureau de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). Parmi les trois options présentées en juillet dernier, deux se fondent sur la substitution du charbon par du gaz. «Contrairement à Cordemais qui visait une conversion intégrale à la biomasse, notre centrale Emile Huchet bénéficie d’une connexion au réseau de distribution de gaz pour laquelle nous payons tous les ans un droit d'accès, même si nous n’en avons pas l’usage», détaille Camille Jaffrelo, directrice des affaires publiques de GazelEnergie.
Alors que la centrale thermique mosellane est prête à redémarrer pour un nouvel hiver, l’énergéticien qui emploie au total 500 personnes (chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros en 2023) espère avoir d’ici la fin de l’année une réponse de la DGEC. La nouvelle ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, connait bien le dossier. Dans des précédentes fonctions ministérielles, elle s’était rendue à Saint-Avold en décembre 2021 et avait co-signé la loi du 16 août 2022 entérinant le redémarrage de la centrale Emile Huchet (loi portant sur les mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat).
GazelEnergie estime que le réseau électrique français a besoin de davantage de moyens de production «pilotables», par opposition aux énergies solaires et éoliennes, non pilotables. Dans son dernier bilan semestriel daté de juillet 2024, RTE (réseau de transport d’électricité) constate en effet que «la consommation résiduelle, c’est-à-dire la consommation qui n’est pas couverte par les énergies renouvelables non pilotables et qui s’adresse en conséquence au parc de production pilotable (nucléaire, thermique à flamme et hydraulique pilotable) est sujette à une amplitude beaucoup plus importante qu’elle ne l’était historiquement». La filiale d’EPH rappelle enfin les engagements pris par l’Etat sur le maintien des 72 emplois de la tranche au charbon.

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Vers une centrale au biogaz ?
Parmi les trois scénarios envisagés, l’un d’entre eux planifie la construction d’une nouvelle centrale de production d’électricité à partir de gaz, un investissement estimé entre 500 millions et 1,2 milliard d’euros, pour une puissance maximum de 900MW. Un autre scénario serait de substituer la moitié du minerai de charbon par des pellets à haut pouvoir calorifique ou «black-pellets». Mais ce projet, moitié charbon, moitié biomasse (100 millions d’euros d’investissement) reviendrait à faire une entorse dans l’objectif de sortie du charbon à l’horizon 2027… Dans ce contexte, la dernière option, la conversion de la tranche existante au gaz semble la plus réaliste. L’installation de 540MW nécessiterait un investissement de 110 millions d’euros. A la sortie, le mégawatheure électrique produit par combustion de gaz naturel émettrait moins de 535 Kg de CO2, contre 980 Kg pour le charbon. «Avec une durée de fonctionnement limitée entre 300 et 700 heures par an, nous pourrions même nous approcher de la neutralité carbone grâce à l’injection de biogaz dans nos procédés», anticipe Camille Jaffrelo.
Sur le plan technique, la conversion pourrait se faire en deux phases de travaux de six mois, aux printemps 2025 et 2026, sans interruption du fonctionnement normal de la centrale. Après avoir tourné 1200 heures lors de sa première remise en service, la centrale Emile Huchet a tourné 150 heures lors de l’hiver 2023-2024, plus doux.



