GazelEnergie pose de nouveaux jalons dans son projet de reconvertir la centrale charbon de Saint-Avold

Exploitant de la centrale de Saint-Avold (Moselle), GazelEnergie, planche sur la conversion à la biomasse de sa tranche au charbon. Une transition appelée de ses vœux, le 25 septembre dernier, par le président de la République Emmanuel Macron. En parallèle, cette filiale du groupe tchèque EPH, fait avancer ses projets dans l’hydrogène et le stockage d’énergie par batteries.

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Centrale de Saint-Avold GazelEnergie
Trois des quatre tours aéroréfrigérantes de la centrale de Saint-Avold vont être démantelées d’ici début 2024.

La centrale thermique de Saint-Avold, en Moselle, pourrait continuer à produire de l’électricité avec un combustible bas carbone. Le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué lundi 25 septembre, lors d’un conseil de planification écologique, son intention de convertir en centrales biomasses les deux dernières centrales au charbon encore en activité en France - Saint-Avold et Cordemais (Loire-Atlantique) - avec un objectif de sortie du charbon d’ici à 2027.

L’exploitant de la centrale mosellane, GazelEnergie, filiale française du groupe tchèque EPH, planchait depuis plusieurs mois sur un scénario de conversion de cette tranche au charbon de 600 MW. Il avait répondu à la consultation pilotée par RTE sur les trajectoires de transformation du système électrique en 2023-2035, consultation qui a rendu ses conclusions le 20 septembre dernier. «Nous prenons acte du message très clair du président de la République qui prône un maintien de notre centrale à condition que sa production électrique soit décarbonée.», commente Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie.

La tranche au charbon de la centrale Émile Huchet de Saint-Avold avait été arrêtée le 31 mars 2022 conformément aux engagements d’Emmanuel Macron, puis relancée six mois plus tard, par crainte de pénuries d’énergies liées à la guerre en Ukraine et à la baisse des capacités nucléaires françaises. Le 24 août dernier, un décret gouvernemental a autorisé les deux centrales au charbon hexagonales à continuer de fonctionner jusqu’à fin 2024. Elles vont désormais plancher en parallèle sur leur reconversion.

Centrale de Saint-Avold GazelEnergiePh. Bohlinger
Centrale de Saint-Avold GazelEnergie Centrale de Saint-Avold GazelEnergie

Les installations techniques de la tranche au charbon seront reconverties pour brûler des pellets à haut pouvoir calorifique. ©Ph. Bohlinger

A Saint-Avold, les premiers black-pellets, des granules de bois à haut pouvoir calorifique fabriqués à partir de résidus forestiers, ont été livrés en août dernier. «Nous allons démarrer des tests de combustion cet hiver. L’idée serait d’engager les premiers travaux de conversion pendant la période d’inactivité, d’avril à octobre 2024. Le montant de l’investissement dépend quant à lui d’un cahier des charges (nombre d’heures de fonctionnement, puissance, etc.) qui reste à déterminer avec la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC)», poursuit la porte-parole de GazelEnergie. Sur le plan technique, la conversion des installations à la biomasse pourrait se faire progressivement, sans arrêt de la production d’électricité. Le groupe invoque son expérience sur sa centrale thermique de Gardanne-Meyreuil (Bouches-du-Rhône) où une tranche au charbon a été convertie en chaudière biomasse de 150 MW.

Foncier libéré pour deux électrolyseurs

Pour assurer l’avenir du site où travaillent actuellement 150 personnes, GazelEnergie mise sur sa diversification, avec l’objectif de recréer localement 600 emplois. L’entreprise annonce ce 28 septembre le lancement des travaux de son projet de centrale de stockage d’énergie par batteries, un projet d’une vingtaine de millions d’euros d’investissement développé par Q Energy France, filiale du sud-coréen Hanwha Solutions. L’installation, d’une puissance de 35 MW (capacité de stockage de 44 MWh), devrait être mise en service en octobre 2024. «Ce projet de stockage d’énergie reflète pleinement notre ambition de transformer le site ÉmileHuchet en une véritable éco-plateforme industrielle tournée vers la production d'énergies vertes», indique Jean-Michel Mazalerat, président de GazelEnergie.

Le groupe va également démarrer la construction d’une chaudière biomasse de 20 MW fonctionnant à partir de déchets de bois. A leur mise en service, en 2026, ces installations alimenteront en chaleur les industriels voisins de la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold. Enfin, le plan d’investissement prévoit la mise en service en 2028 de deux électrolyseurs d’hydrogène totalisant 400 MW. Ce projet de 480 millions d’euros d’investissement est désormais porté intégralement par GazelEnergie, un temps associé sur le volet de l’hydrogène à Storengy (groupe Engie).

L’exploitant de la centrale mosellane prépare d’ores-et-déjà ce projet en libérant du foncier, ainsi qu’en témoigne le démantèlement, en cours, de trois des quatre tours aéroréfrigérantes de la centrale, un chantier prévu pour s’achever en janvier 2024.

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