C’est la première brèche dans le monopole de la SNCF sur les trains régionaux : le marché de Provence Alpes Côte d'Azur a été confié à Transdev. Le futur TER Omneo circulera à partir du 29 juin 2025 entre Marseille et Nice. Les élus ont découvert les futures rames aux couleurs de leur région le 23 novembre dans l'usine Alstom de Crespin (Nord).
«Nous n'étions pas satisfaits de la qualité du service fourni par la SNCF qui était l'opérateur unique, rappelle le président de la région appelée le plus souvent Sud, Renaud Muselier. On avait le plus mauvais réseau de France avec un taux de ponctualité de 80%, 100 jours de grève par an, 10 à 12% des trains qui ne partaient pas». Il a reconnu que l’arrivée de Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF avait permis de régler pas mal de problèmes. Trop tard pour la Région a confié le 30 novembre 2021 à Transdev, qui a remporté l’appel d’offre, l’exploitation des trains de la ligne Marseille-Toulon-Nice. Une liaison régionale importante qui représente 10% de l’offre ferroviaire du réseau Zou.
Des livraisons à partir de novembre 2024
Assemblé à Crespin sur l'ex site Bombardier devenu Alstom, ce premier TER qui ne sera pas exploité par la SNCF est réalisé à partir de la plateforme Omneo, dont 544 rames ont déjà été commandées par 10 régions françaises (403 rames périurbaines et régionales et 141 rames Intercités). Mais l’aménagement intérieur permet d’avoir davantage de sièges, beaucoup plus spacieux, et même un wagon snack, sans oublier le wifi et l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. A l’extérieur, les huit voitures (205 mètres de long et une capacité de 401 places) à un et deux étages (comme les Regio 2N) se distinguent par leur couleur bleu «mer».
La première rame va partir à Velim en République Tchèque pour une série de tests de quatre mois, avant de revenir à Crespin pour finaliser les essais statiques. Les 16 rames seront livrées à l’opérateur entre novembre 2024 et mai 2025. Et Alstom a promis qu’il n’y aurait pas de retards. La série est relativement limitée et il ne s’agit pas d’un train qui part d’une feuille blanche.
Gagner deux millions de voyageurs
«Nous nous sommes engagés à réaliser 15 allers et retours par jour, soit un doublement de l’offre, a rappelé Thierry Mallet, le PDG de Transdev. Nous nous sommes engagés sur la qualité de service. » Le contrat prévoit 97,5% de trains ponctuels. La région a investi 250 millions d’euros sur le matériel roulant, mais à terme les investissements sur la ligne (gares comprises) se comptent en milliards d’euros. Avec le cadencement, Renaud Muselier compte augmenter la fréquentation de la ligne en passant de 3,5 à 5,5 millions de voyageurs par an.
Pour être prêt à temps, Transdev va devoir recruter et former. Au total, 180 collaborateurs sont prévus pour exploiter cette ligne. Seuls 31 salariés de la SNCF ont accepté d’être transférés chez Transdev, dont sept conducteurs. Or, il en faudra 44 pour conduire les 16 rames. «Nous avons lancé un plan de recrutement et un plan de formation, qui débutera l’été prochain pour les novices, prévient Antoine Seguret, directeur région Sud chez Transdev. Les formations les plus longues dureront neuf mois.»
Même si l'ouverture à la concurrence reste timide, Transdev espère bien remporter d’autres appels d’offre en France sur les TER et notamment dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Celle-ci va lancer les appels d’offres pour les lots 3 et 4 qui concernent une dizaine de lignes en 2024.



