Effective depuis le 3 décembre 2019, l’ouverture à la concurrence sur le marché des TER s'apprête à se concrétiser. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a en effet annoncé mardi 7 septembre qu'elle proposerait à ses élus d'écarter la SNCF au profit de Transdev concernant l'exploitation de la liaison Marseille-Toulon-Nice, longue de 160 kilomètres. Si ce choix est confirmé lors du vote prévu le 29 octobre, ce sera la première fois que l'opérateur historique perdra une ligne ferroviaire.
10 % du trafic régional
« SNCF Voyageurs souhaite le meilleur succès à Transdev, dans l'intérêt des voyageurs et du développement du transport ferroviaire dans la région », a réagi l'entreprise publique dans un communiqué. « Ce choix marque la concrétisation de l'ouverture à la concurrence à laquelle nous nous préparons de longue date », a pour sa part commenté le PDG de la filiale, Christophe Fanichet.
Trois candidats étaient en lice pour remporter cette liaison, qui représente 10 % du trafic régional en nombre de trains proposés : Thello, une filiale de la compagnie publique des chemins de fer italienne Trenitalia, la SNCF, et le groupe privé Transdev. Ce dernier, fruit de la fusion en 2011 de Transdev et de Veolia Transport, est présent dans 17 pays et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 6,8 milliards d’euros en 2020. Il transporte 11 millions de passagers chaque jour via ses différents modes de transport et assure notamment la gestion des bus en Île-de-France.
Quatre régions sur la même voie
Le président de la région PACA Renaud Muselier (LR), qui a plusieurs fois exprimé son désir de mettre fin au monopole de la SNCF, a assuré que l'offre de Transdev permettrait de passer à 14 allers-retours chaque jour entre Marseille et Nice, contre 7 aujourd'hui, pour « un prix équivalent ». En revanche, l'opérateur historique devrait remporter le contrat pour les lignes Azur (une série de lignes locales autour de Nice), qui représentent 23 % de l'offre régionale.
Le changement d'opérateur ne devrait en tout cas pas entrer en application avant 2025, car il faudra entre temps acheter de nouvelles rames, construire un atelier de maintenance et régler le transfert de personnel. Une partie des cheminots de la SNCF vont en effet devoir passer chez Transdev, tout en conservant leur « sac à dos social ». Malgré les garanties, de nombreux employés de la compagnie publique restent vivement opposés à l'ouverture à la concurrence. Mais l'arrivée d'entreprises privées concurrentes sur le réseau ferroviaire ne fait que commencer. Les régions Grand-Est, Île-de-France, Pays-de-la-Loire et Hauts-de-France se sont elles aussi engagées sur cette voie.



