C’est un véritable jeu de massacre auquel se livre General Electric (GE) en France. Des 20 000 salariés en 2015, suite au rachat d’Alstom Énergie et de ses 9 000 collaborateurs, il n’en reste que 13 000 en cette fin 2020, dont 800 inactifs, précisent les syndicats. Certes, 4 000 sont partis dans la fusion avec Baker Hugues en 2017, dont GE est sorti en 2019. Mais au lieu des 1 000 emplois qui devaient être créés, ce sont 3 000 postes qui ont déjà disparu dans les divers PSE, plans de départs volontaires collectifs et délocalisations en Chine, en Inde et au Moyen-Orient.
"Début 2021, on ne sera plus que 12 000, dont un millier en préretraite", alerte Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE-CGC.
Aveuglée par la quête d’une rentabilité financière à court terme, la direction américaine n’a pas anticipé le retournement du marché des grandes turbines en 2018. Elle semble aujourd’hui incapable de valoriser ses atouts français, dans le nucléaire, la propulsion navale, les équipements réseaux, voire l’hydrogène, pourtant indispensables à la transition énergétique. Il n’y a que dans l’éolien en mer où, grâce aux appels d’offres pour les quatre premiers parcs de 2011 et 2012, GE a mené à bout la construction d’une usine à Saint-Nazaire et à Cherbourg.
Il est vrai qu’entre l’absence de décision sur le nouveau nucléaire, l’interdiction de nouvelle centrale combiné-gaz, les recours systématiques contre les parcs éoliens en mer et le blocage du renouvellement des concessions hydroélectriques par Bruxelles, le marché français s’est fermé devant la plupart des atouts français dans l’énergie de GE. Les activités de maintenance et de grand assemblier ont, elles, tendance à se rapprocher des nouveaux marchés, partis loin à l’Est. Et, souvent, les emplois suivent.



