240 emplois seraient supprimés chez General Electric à Belfort (Territoire-de-Belfort) par la réorganisation qu’opère actuellement General Electric Steam Power pour son activité autour des centrales à charbon.
"Le marché des centrales à charbon est aujourd’hui en rapide déclin à travers le monde, y compris en Europe. Ce contexte impose à GE Steam Power de se réorganiser pour s’adapter aux réalités du marché et préserver sa compétitivité", explique le groupe dans un communiqué, se refusant à confirmer pour l’heure les chiffres évoqués de 300 salariés sur la sellette dont 240 à Belfort.
En septembre 2020, General Electric annonçait son souhait de sortir du charbon et poursuit donc son processus. Pour les représentants du personnel à Belfort, les chiffres évoqués dans la presse semblent démesurés par rapport à l’activité du site. "Depuis deux ans, on ne fait presque plus de charbon. Quand on a eu l’annonce en septembre, on a donc estimé entre 40 et 50 salariés concernés", explique Laurent Humbert, délégué syndical central Steam Power System.
1 600 personnes travaillent actuellement sur le site GE Steam Power de Belfort mais seule la moitié est attachée à la partie projet du site et pourrait être concernée par la réorganisation. "GE fait des coupes franches dans toutes ses divisions, surtout en Europe, et nous sommes les suivants." Alors que les syndicats et le groupe avaient signé en 2019 une rupture conventionnelle collective et un plan de départ séniors, le délégué syndical s’inquiète des conséquences qu’un plan massif pourrait avoir. "En général, dans ces situations, on privilégie les départs volontaires ou les retraites anticipées mais nous n’avons plus ce vivier."
D’autres inquiétudes
Au-delà des 240 postes qui pourraient être supprimés, le représentant CFE-CGC s’inquiète pour l’avenir du site. "On risque de perdre des compétences sur le nucléaire, mettre en péril la pérennité du business et avoir des difficultés à réaliser les projets en cours." En attendant la confirmation du nombre d’emplois concernés par la réorganisation, attendue le 8 décembre, Laurent Humbert en appelle à l’Etat. "Nous sommes des anciens de chez Alstom et quand on nous a vendu à GE, il y avait des accords et des engagements pris pour l’emploi vis-à-vis de l’Etat. On attend donc qu’il prenne position sur un sujet stratégique, une pièce maîtresse de la filière énergétique en France."
De son côté, GE conclut dans son son communiqué : "La majorité de nos activités des centrales nucléaires sont ancrées en France et à Belfort: la France est aujourd’hui le pays qui compte le plus grand nombre d’employés Steam Power dans le monde, et elle le restera."



