Le gouvernement mise sur les deux dernières centrales à charbon françaises pour passer l'hiver

Les deux centrales à charbon encore en activité en France pourraient produire pendant 1 000 heures jusqu’au 28 février, contre 700 heures annuelles en temps normal. RTE a émis une alerte sur l’approvisionnement du pays en électricité pour janvier, fragilisé par l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires.
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La centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) pourra rester en activité jusqu'en 2024, tant que l'EPR de Flamanville n'est pas finalisé.

Le gouvernement veut pousser les centrales à charbon pour passer l’hiver. Alors que leur production est limitée à 700 heures par an, un projet de décret publié sur le site du ministère de la Transition écologique prévoit de grimper à 1 000 heures de fonctionnement entre le 1er janvier 2022 et le 28 février 2022, « correspondant au pic de la consommation hivernale ». Le texte est mis en consultation jusqu’au 20 janvier et doit faire l’objet d’un avis du Conseil supérieur de l’énergie avant de pouvoir entrer en vigueur, précise le ministère aux Echos. Seules deux centrales à charbon sont encore en activité en France, à Saint-Avold (Moselle) et Cordemais (Loire-Atlantique).

Le ministère motive cette décision par les alertes du gestionnaire Réseau de transport d’électricité (RTE), qui a placé en « vigilance renforcée » l’approvisionnement de la France en janvier. Les capacités de production nucléaire française sont à un niveau historiquement bas : entre 43 et 51 GW en janvier, pour une capacité totale de 61,4 GW, suite au retard pris par les opérations de contrôle à cause du Covid-19 et l’arrêt des quatre réacteurs des centrales nucléaires de Chooz (Ardennes) et de Civaux (Vienne) après la détection d’anomalies. EDF a d'ailleurs indiqué jeudi 6 décembre prolonger la mise à l'arrêt de la centrale ardennaise jusqu'au 20 avril. Si les températures restent clémentes ce mois-ci et que le vent souffle dans les pales des éoliennes, RTE espère éviter toute baisse de tension ou coupure d’électricité.

Saint-Avold ferme le 31 mars, Cordemais en sursis

La centrale à charbon du Havre (Seine-Maritime) a fermé l’an dernier et celle de Gardanne (Provence-Alpes-Côtes-d’Azur) a clôt son unité charbon en 2018. Elle doit à présent se reconvertir dans les carburants de synthèse. La fermeture de la centrale de Saint-Avold est prévue pour le 31 mars 2022, mais celle de Cordemais pourra rester en activité jusqu’en 2024, tant que l’EPR de Flamanville n’est pas finalisé. 

Pour compenser les émissions supplémentaires de CO2 émises par les deux centrales à charbon pendant le pic de consommation, le projet de décret du ministère de la Transition écologique prévoit d’abaisser leur seuil de production à 0,6 kilotonne d’équivalents CO2 par mégawatt après le 28 février, contre 0,7 kilotonne en temps normal. Bien que le charbon ne représente que 2% du mix électrique français, celui-ci rejette 0,986 tonnes d’équivalents CO2 par mégawatt selon RTE, contre 0,429 par mégawatt pour le gaz et 0,494 pour la biomasse.

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