Le gouvernement envisage de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold cet hiver

Le ministère de la Transition énergétique a confirmé dimanche 26 juin que le gouvernement prévoyait de redémarrer la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) l'hiver prochain, « compte tenu de la situation ukrainienne ». Fermé depuis le 31 mars en raison de son impact environnemental, le site devrait alors réembaucher d'anciens salariés.

Réservé aux abonnés
Centrale thermique Émile-Huchet alimentée au charbon et au gaz, à Saint-Avold (Moselle) - Mars 2019
Avant qu'elle ne ferme ses portes, la centrale Emile Huchet faisait travailler 87 salariés.

Après l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas, la France va-t-elle aussi annoncer un retour au charbon pour tenter d'apaiser les tensions qui pèsent sur le marché de l'énergie ? Pour le gouvernement, l'option est sur la table. « A titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne, nous nous gardons la possibilité de pouvoir faire fonctionner la centrale de Saint Avold quelques heures de plus si nous en avons besoin l’hiver prochain », a confirmé dimanche 26 juin le ministère de la Transition énergétique. Située en Moselle et exploitée par GazelEnergie, cette centrale à charbon avait fermé ses portes le 31 mars, après presque 75 ans d'activité.

Des contreparties environnementales

L'exécutif précise tout d'abord que ce redémarrage « s'inscrit dans le plan de fermeture », et qu'il ne contrevient pas à la promesse du président Emmanuel Macron de mettre un terme à la production de charbon en France. La centrale de Cordemais (Loire-Atlantique) était jusqu'alors censée être la seule à bénéficier d'un sursis, jusqu'en 2026. « Nous resterions, dans tous les cas, en dessous d'1% d'électricité produite par le charbon », indique le ministère, en assurant qu' « aucun charbon russe ne serait utilisé ».

Par ailleurs, afin que cette reprise soit « neutre pour l'environnement », GazelEnergie « compenserait chaque émission de gaz à effet de serre additionnelle (via des projets de reforestation par exemple) ». Ces contreparties seront prochainement détaillées dans un décret mis en consultation pour « organiser cette possibilité d'un fonctionnement l'hiver prochain ». Elles seront sûrement scrutées de près, le charbon restant l’énergie fossile la plus polluante au monde.

Une centrale en pleine reconversion

Le gouvernement prévoit également d'intégrer des « ajustements législatifs » cet été dans le projet de loi pouvoir d'achat, afin que le plan social lié à la fermeture de la centrale ne soit pas annulé. Une partie des 87 salariés qui travaillaient encore à la centrale Emile Huchet avant qu'elle ne baisse le rideau sera ainsi sûrement poussée à reprendre du service, mais uniquement de manière temporaire. L'avenir du site ne sera pas scellé pour autant, GazelEnergie voulant reconvertir la centrale afin d'y produire de l'hydrogène vert, et le norvégien Circa prévoyant d'y produire des solvants biosourcés.

En attendant, le gouvernement d'Elisabeth Borne explore toutes les pistes possibles pouvant permettre de faire une croix sur le gaz russe cet hiver. Un casse-tête d'autant plus complexe que le parc nucléaire français, qui fournit environ 80% de l'électricité nationale, est au minimum de sa forme. En raison des opérations de maintenance et d'un important problème de corrosion, près de la moitié des réacteurs est actuellement à l'arrêt, si bien qu'EDF ne cesse de réviser à la baisse ses prévisions de production. GNL, stockage et sobriété figurent ainsi parmi les clés nécessaires à l'accomplissement de cet objectif.

Abonnés
Le baromètre de l’énergie
Prix de l’électricité et du gaz, production nucléaire, éolienne et hydraulique… Notre point hebdo sur l’énergie en France.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.