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Le coronavirus menace l'équilibre précaire des marchés pétroliers

A peine à l’équilibre entre une production excédentaire et une hausse ralentie de la demande, les marchés du pétrole et du gaz devaient se stabiliser en 2020. L’épidémie chinoise pourrait tout remettre en cause.

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Petrole stockage
Pour 2020, les analystes prévoyaient un retour à une hausse de la demande de +1,2Mb/j, tirée par les pays non membres de l' OCDE, avec des prix du Brent oscillant entre 55 et 70 dollars/b.

Les marchés du pétrole n’avaient pas besoin de ça. Après une année 2019 marquée par un fléchissement de la croissance de la demande à + 1 million de baril par jour (Mb/j) contre +1,5 Mb/j en 2018 et un recul du prix moyen du Brent à 64 dollars contre 71 dollars l’année précédente, 2020 débute avec des perspectives à peine meilleures, qui pourraient être revues à la baisse à cause du coronavirus 2019-NCov.  "Même s’il est trop tôt pour pouvoir juger de l’ampleur et de la durée des impacts sur la croissance économique mondiale", prévient Didier Houssin, président de l’Institut français des pétroles et des énergies nouvelles (IFPEN).

Evolution du prix spot du Brent 2018-2019IFPEN
Evolution du prix spot du Brent 2018-2019 Evolution du prix spot du Brent 2018-2019

2019 plombé par les Etats-Unis

Or c’est toujours de la croissance économique mondiale dont dépendent principalement les marchés pétroliers, même si les tensions géopolitiques et la pérennité des ressources influent également, comme on l’a vu en 2019. Une année où ce sont les Etats-Unis qui ont, sur ces trois facteurs, pesé le plus lourdement sur les cours du pétrole, via la guerre commerciale avec la Chine, les tensions géopolitiques avec l’Iran et le Venezuela. Enfin, à travers les interrogations sur le potentiel réel des huiles de schistes (shale oil), qui pourrait finalement être beaucoup plus important que prévu.

Croissance de la demande de pétrole 2018-2020IFPEN
Croissance de la demande de pétrole 2018-2020 Croissance de la demande de pétrole 2018-2020

La Chine clé en 2020

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Si 2020 a débuté avec la signature d’un accord liminaire commercial entre les Etats-Unis et la Chine, l’épidémie de coronavirus pourrait ralentir encore la croissance économique mondiale et empêcher la Chine de tenir certains de ses engagements avec les Etats-Unis. Premier importateur de GNL au monde, la Chine s’est engagée à acheter pour 50 milliards de dollars d’énergie en 2020 et 2021 aux Etats-Unis, notamment son GNL "fatal" produit en masse en même temps que les pétroles de schiste. "Un objectif ambitieux, mais que le virus pourrait rendre difficile à atteindre", commente Didier Houssin. En 2019, la demande mondiale de gaz a cru de 2% dans le monde tiré par la Chine avec +9%(cf. graphe ci-dessous).

Croissance de la demande de gaz par pays en 2019Certigaz IFPEN
Croissance de la demande de gaz par pays en 2019 Croissance de la demande de gaz par pays en 2019

Mais personne ne sait vraiment. Les épidémies de SRAS en 2003 et du H1N1 en 2009 avaient certes eu un impact marqué, mais limité dans le temps. Cette épidémie pourrait être plus longue, et plomber les marchés. Après une première baisse après le 6 janvier, les cours du pétrole sont passés sous la barre des 60 dollars le 24 janvier 2020 et évoluent depuis entre 58 et 59 dollars.

Trafic aérien sous surveillance

L’épidémie pourrait aussi peser sur la consommation et d’abord, sur la demande chinoise, qui représente 10% de la demande mondiale (14Mb/j dont 10 Mb/j importés). Elle a un impact important sur les déplacements internationaux. A chaque crise de ce type, un recul de 7% à 15% du trafic aérien est observé. Or le secteur consomme environ 7,6 Mb/j de produits pétroliers. Un recul de 10% du trafic aérien sur deux à quatre mois entraînerait une baisse de 0,1 à 0,3 Mb/j de la consommation, selon l’Ifpen. Une baisse de la consommation se ferait d’autant plus sentir que le marché mondial est plutôt excédentaire. 

Faible impact à la pompe

Et si la crise durait, les prix pourraient durablement se maintenir sous la zone d’équilibre soit 60 à 70 dollars/b et donc menacer la reprise de la demande envisagée pour 2020. Les analystes prévoyaient un retour à une hausse de +1,2 Mb/j cette année, tirée par les pays n'appartenant pas à l'OCDE, avec des prix oscillant entre 55 et 70 dollars/b. Des variations qui ne devraient de toutes façons que peser marginalement sur le prix à la pompe en France, avec "des variations de plus ou moins six centimes", estime Didier Houssin.

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