La période du nouvel an chinois, qui tombe cette année le 25 janvier, est habituellement propice aux déplacements et aux visites familiales. L’édition 2020, sous la menace du coronavirus nCov qui sévit en Chine (et apparaît peu à peu dans d’autres pays), sera clairement placée sous le signe de l’immobilisme. De quoi faire chuter la demande de produits pétroliers du premier importateur mondial de pétrole.
Face à la crise, les autorités chinoises ont pris le 23 janvier une mesure inédite: le confinement de villes entières. 56 millions de Chinois sont désormais confinés dans la province du Hubei, autour de la ville de Wuhan, épicentre de l'épidémie. Tous les trains et avions au départ de la métropole de 11 millions d’habitants sont interdits, et les accès par les autoroutes sont bloqués.
-7% sur les cours du pétrole
Résultat, le cours du Brent est tombé de 7% cette semaine pour atteindre son cours le plus bas depuis début décembre. Encore en surplus d’offre (même si cela pourrait ne pas durer), le marché a encore tendance à réagir plus fortement aux événements qui font baisser son cours, comme une baisse de la demande ou des stocks plus élevés que prévu, qu’à ceux qui le font monter (comme les tensions au Moyen-Orient, qui laissent pourtant planer la menace d’une réduction des livraisons).

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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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9 Avril 2026
Palladium - prix d'achat€/kg
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Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
Goldman Sachs, en se basant sur les bilans établis après l’épidémie de SRAS en 2003 et en les ajustant à la demande chinoise actuelle, estime que cette baisse de la demande pourrait atteindre 300 000 barils par jour, sur un marché mondial qui en échange 100 millions. Ses modèles estiment l’impact prix à 3 dollars. Une somme que les cours ont déjà perdue cette semaine.
Mais une flambée de l’épidémie, tant en Chine qu'hors des frontières chinoises, et une multiplication des mesures de quarantaine pourrait, bien sûr, avoir un impact bien plus important. Notamment en réduisant la demande globale du transport aérien et automobile.
40 jours après ses premières victimes, que sait-on du coronavirus chinois ?
Quarante jours après sa découverte, les progrès de la recherche sur le virus nCov sont impressionnants. Le génome complet du coronavirus a été séquencé. Il s’agit d’un cousin du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) et du MERS (Middle East respiratory syndrome). Son origine probable est connue (sans doute une chauve-souris, selon une étude génétique de l’Académie chinoise des sciences) ainsi qu’un vecteur possible de transmission à l’homme (le serpent pourrait en être l’hôte intermédiaire). Cette fois, la Chine a mis en place des mesures sérieuses de quarantaine autour de Wuhan, métropole chinoise de 11 millions d’habitants et épicentre de l'épidémie, mais également sur les lieux les plus touristiques du pays, comme la Cité interdite, la grande muraille ou Disneyland ont été fermés au public pour éviter les rassemblements. Les festivités du nouvel an chinois ont été annulées.
Avec 41 morts sur près de 1300 cas identifiés en Chine, sa létalité est désormais évaluée à 3%, soit environ 10 fois celle de la grippe (surmortalité moyenne) mais trois fois moins que celle du SRAS et dix fois moins que celle du MERS. Un taux de mortalité qui restera bien sûr à corriger avec la hausse du nombre de cas. Le bilan chinois, notamment, est tout à fait provisoire. Quatre cas ont été identifiés en Thaïlande, deux en Corée du Sud, deux au Japon, deux au Vietnam, deux aux Etats-Unis, un au Népal et un en Australie. Trois cas ont été confirmés en France, dont deux à Paris et un à Bordeaux. Tous avaient séjourné en Chine.



