Pour la première fois en cinq ans, Goldman Sachs ne voit pas le cours du pétrole baisser en 2020. "Pour les deux à trois prochaines années, les fondamentaux suggèrent des prix stables, ou en légère inflation", affirme Damien Courvalin, analyste matières premières de la banque d’investissement. Mais ce n’est pas cette possible hausse des cours qui intéresse les investisseurs."Nous pensons que le secteur pétrolier va générer des rendements très intéressants. La clé, c’est la backwardation", explique l’analyste.
Ce terme fait référence au profil des marchés à terme quand le baril pour livraison immédiate vaut plus que celui livrable dans trois mois, qui vaut lui-même plus que celui livrable à douze ou vingt-quatre mois. Les producteurs de pétrole de schiste, que les marchés de capitaux forcent à se discipliner, "achètent des assurances – ils vendent leur production future – pour protéger leur flux de trésorerie sur les années à venir, et ces achats massifs pèsent sur le prix des contrats à terme".
"L'Opep a changé de stratégie"
Entre-temps, "l’Opep a changé de stratégie. Plutôt que de garantir l’investissement, comme une banque centrale du secteur pétrolier, elle a décidé d’intervenir uniquement sur le marché physique, avec des coupes à court terme qui soutiennent le prix d’aujourd’hui. Pour ceux qui peuvent investir sur les marchés à terme, la backwardation crée mécaniquement un rendement." Les investisseurs revendent chaque mois le contrat le plus proche pour en racheter de plus lointains à un coût plus faible.
"Depuis le 1er août, ce rendement (15% annualisés) a surperformé celui du S & P 500", un indice basé sur 500 sociétés cotées aux États-Unis.



