Les voitures électriques ont dominé la scène du Mondial de l’auto en octobre. Non loin des stands d’acteurs asiatiques, Renault et Stellantis ont défendu la filière française des véhicules à batteries. En commençant par attribuer de nouveaux modèles à leurs usines. « Nous allons passer de six à douze véhicules électriques en fabrication sur nos sites français à l’horizon 2025 », a déclaré le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares.
Parmi eux, la Peugeot e-308 et l’e-408 seront produites à Mulhouse (Haut-Rhin). De son côté, Renault a annoncé la fabrication du Scenic et de la 4L électriques, l’un à Douai et l’autre à Maubeuge (Nord). « Nous sommes en train de crédibiliser notre objectif de 2 millions de véhicules électriques produits en France en 2030. Nous avons déjà sécurisé 1 million d’unités à l’horizon 2026-2027 », s’est félicité Emmanuel Macron.
La concurrence chinoise inquiète les Français
Toutefois, le gouvernement invite les constructeurs à aller plus loin. « D’autres décisions doivent suivre, a prévenu le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Je ne vois pas pourquoi un petit véhicule du segment B comme la Peugeot 208 ne serait pas désormais produit sur le territoire français. » Si les industriels français prennent le virage de l’électrique, la compétitivité des chinois reste un sujet d’inquiétude.
Pour se protéger de cette concurrence, la France invite l’Europe à se montrer « plus agressive pour défendre ses intérêts économiques ». « Nous voulons une industrie décarbonée, ce n’est pas pour nous laisser envahir par des produits qui sont lourdement carbonés et moins chers », argumente Bruno Le Maire. Difficile pour autant de faire abstraction des réalités de la chaîne d’approvisionnement dans les batteries. « Même si tous les projets européens de gigafactories aboutissent – ce qui est loin d’être vraisemblable –, nous serons encore dépendants de la Chine en 2030 », estime Christophe Pillot, le directeur du cabinet Avicenne Energy.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3711 - Octobre 2022



