Etude

La voiture électrique a progressé de façon spectaculaire en Europe en 2021

En Europe de l’Ouest, une voiture sur neuf était 100% électrique parmi les immatriculations de 2021. Une progression spectaculaire qu’il faut tout de même nuancer, selon l'analyse Matthias Schmidt.

Réservé aux abonnés
Model Y
Le lancement de la production de la Tesla Model Y en Europe devrait stimuler les immatriculations de voitures électriques en 2022.

Sur un marché automobile sinistré, la voiture électrique continue de battre des records. Mardi 11 janvier, l'analyse Matthias Schmidt a publié ses données sur les immatriculations de véhicules particuliers neufs en Europe de l’Ouest en 2021. Malgré la crise des semi-conducteurs, les véhicules 100% électriques ont progressé de 63%. Leur croissance devrait être plus modeste en 2022. Avec 1,19 million d’immatriculations recensées dans 18 pays européens, les voitures électriques atteignent une part de marché de 11,2% en 2021.

En 2020, celle-ci se limitait à 6,7% pour 728 000 unités. La tendance s’est renforcée en fin d’année. « En décembre 2021, une voiture neuve sur cinq (20%) immatriculée en Europe occidentale était un véhicule électrique à zéro émission », relève l’analyste Matthias Schmidt dans son étude. Les véhicules hybrides rechargeables connaissent une croissance tout aussi impressionnante. Leur volume a progressé de presque 69%, passant de 605 000 unités à 1,02 million en 2021, soit une part de marché de 9,7%.

Un marché au ralenti

Matthias Schmidt tient toutefois à relativiser cette performance. Seulement 10,6 millions de voitures particulières ont été immatriculées au total en 2021. Il s’agit du niveau le plus bas jamais constaté depuis 1984 en Europe de l’Ouest. « Dans une année normale de marché à 14,2 millions de voitures particulières, ce même volume de voitures électriques n'aurait représenté que 8,4% du marché », estime Matthias Schmidt.

Faut-il y voir une bonne nouvelle pour la réduction des émissions de CO2 ? L’analyste Matthias Schmidt pointe du doigt une stratégie de « compensation carbone » des constructeurs automobiles. Avec les pénuries de semi-conducteurs, les industriels ont privilégié la fabrication de modèles plus rentables, souvent des véhicules de grande taille plus lourds, et donc plus polluants. Pour rester dans les clous des réglementations européennes, les entreprises auraient également favorisé la production de modèles électrifiés. Cette stratégie a « étonnamment bien fonctionné » pour les résultats des constructeurs, selon Matthias Schmidt. « Il est probable que cela se traduise par un bond du poids moyen des nouveaux véhicules en 2021 », prévient toutefois l’analyste.

Vers une croissance plus lente en 2022

La crise des semi-conducteurs devrait commencer à se résorber au second semestre de 2022. Selon l’analyste, les immatriculations totales devraient rebondir à 12,2 millions d’unités, contre 10,6 millions en 2021. Ce lent retour à la normale devrait favoriser la vente de véhicules thermiques plus abordables, et donc diluer les performances statistiques des voitures électriques.

« La part des voitures électriques en 2022 ne devrait augmenter que légèrement pour atteindre 12,6% », anticipe Matthias Schmidt. L’analyste prévoit ainsi un volume de 1,54 million de voitures électriques en 2022, en augmentation de 29% par rapport à 2021. Les aides étatiques devraient stimuler cette croissance, tout comme l’ouverture de l’usine allemande de Tesla. Le site doit faire grimper sa production de SUV Model Y, un type de véhicule très populaire dans les ventes de véhicules électriques.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs