Electrification des moteurs, gestion des données, maintenance prédictive… Chez Renault, presque tous les métiers vivent leur révolution. Certains disparaîtront, comme ceux touchant au développement des moteurs thermiques, notamment diesel.
D’autres deviendront critiques : non seulement Renault en aura besoin pour mettre en œuvre son plan stratégique, mais ils sont rares. « Dès 2019, direction et représentants des salariés ont commencé à réfléchir à la transformation des métiers », indique le DRH France, Tristan Lormeau.
Des commissions métiers ont été mises en place. Chaque métier a trouvé sa place dans une matrice à neuf cases, en fonction de sa rareté sur le marché du travail et des besoins de l’entreprise. En bleu, les compétences rares ou essentielles pour l’entreprise, en gris, celles dont elle va peu à peu se passer. Chaque salarié a reçu un mail lui indiquant la couleur de son poste. Les gris peuvent partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective, les bleus n’en ont pas le droit. Tous peuvent bénéficier de formations pour réorienter leur carrière vers les métiers en croissance.
Prévenir l’obsolescence des métiers
Une approche plus rare dans les petites entreprises. Deux outils leur permettent toutefois de réagir face à l’obsolescence de leurs compétences. Pro-A finance la reconversion des salariés par l’alternance : ils deviennent apprentis dans leur propre entreprise, et leur formation est prise en charge par les fonds de l’alternance. Le plan France Relance a dopé l’enveloppe budgétaire de Pro-A, qui atteindra 270 millions d’euros sur trois ans.
De son côté, Transco (pour transitions collectives) fait financer par l’État (plus ou moins selon la taille de l’entreprise) la reconversion de salariés qui quitteraient un métier en décroissance pour un autre, recherché dans son bassin d’emploi. Un moyen d’éviter un plan social coûteux et douloureux. Mais le financement ne se fera qu’à une condition : qu’un accord de gestion des emplois et des parcours professionnels soit signé dans l’entreprise. Un moyen de pousser petites et moyennes entreprises à entreprendre ce travail précieux pour leur avenir.
Selon France compétences, parmi les vingt métiers les plus recherchés dans l’Hexagone en 2021, la moitié seront industriels, portés par la transition écologique (technicien d’installation et de maintenance de systèmes énergétiques, chargé de recyclage en production plasturgie…) et la digitalisation (architecte internet des objets, ingénieur en numérisation des systèmes de production). Mais les besoins en métalliers ne fléchissent pas, pas plus que ceux en techniciens en électronique.



