En des temps très lointains, avant la crise du Covid-19, beaucoup d’employeurs se heurtaient à des difficultés de recrutement. Selon une étude du ministère du Travail portant sur 2019, sur les 30 métiers les plus en tension, les trois quarts s’exercent dans l’industrie et le BTP.
En tête : les dessinateurs en électricité et en électronique, métier rare (9 000 salariés), suivis des techniciens en mécanique et travail des métaux, des ingénieurs en BTP et cadres de chantier, et des ingénieurs et cadres R & D en informatique. Les tensions sur les métiers du BTP et de l’industrie s’expliquent par la qualification des postes recherchés, qui requièrent une formation spécifique.
Mais l’industrie souffre surtout d’un manque de main-d’œuvre, quand le BTP rencontre des difficultés en raison de l’intensité de ses embauches. L’inadéquation géographique joue pour la moitié des métiers de ce top 30. C’est l’une des originalités de l’étude : elle analyse finement les causes des tensions.
Pour les techniciens en mécanique et travail des métaux, ce n’est pas la quantité des recrutements, mais le manque de main-d’œuvre et une inadéquation géographique. Pour les chaudronniers, tauliers, métalliers, la tension s’explique par les qualifications nécessaires et par des conditions de travail contraignantes qui rendent le métier peu attractif. En dépit de la crise, beaucoup de métiers resteront en tension. Le gouvernement compte sur cet outil, utilisable à l’échelle du bassin d’emploi, pour orienter les reconversions professionnelles qu’il souhaite encourager.



