Ce que contient l’accord de "transformation des compétences" dans les fonctions globales chez Renault signé par la CFE-CGC

L’ingénierie va payer un lourd tribut dans le cadre du plan d’économies de Renault. Un accord a été trouvé entre la direction et deux syndicats pour accompagner les salariés concernés, aussi bien ceux qui partent que ceux qui restent.

 

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Les conditions du plan de départ dans les fonctions globales chez Renault se précisent.

Après l’annonce du plan d’économies en mai 2020 qui a fait l’effet d’un électrochoc en interne (critiqué sur le fond comme sur la forme), le dialogue social se renoue peu à peu chez Renault. Après FO, le syndicat CFE-CGC a signé l’accord "de transformation des compétences" sur les fonctions globales : ingénierie et activités tertiaires (qualité, informatique, RH, achats…). Le seuil des 50% de représentativité est désormais atteint pour que l’accord soit mis en œuvre.

Il écarte l’hypothèse d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) passant par des licenciements et s’appuie sur des départs volontaires, 1 900 au maximum (sur 10 000 salariés concernés). Cela se fera par le biais d’une rupture conventionnelle collective, qui se clôturera le 20 octobre 2021, et des dispenses d’activité, des départs anticipés en pré-retraite. 250 embauches en CDI sont par ailleurs prévues en 2021 sur des métiers d’avenir, comme le numérique.

"Nous avions fait 80 demandes dans cette négociation, 75% ont été retenues ou ont permis d’améliorer les propositions initiales", se félicite Guillaume Ribeyre, délégué syndical central CFE-CGC, qui parle de dialogue social "en reconstruction". "On a étudié beaucoup de ruptures conventionnelles collectives, ce que nous avons obtenu se situe dans le haut du panier, en termes d'indemnités supra-légales et d’aides".

Efforts sur les formations et reconversions

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Selon la CFE-CGC, l’accord permettra de réduire les freins à la mobilité interne, via un meilleur affichage des offres ouvertes. 400 formations ou reconversions seront financées en 2021, d’une durée de six mois à un an (pour certaines qualifiantes ou diplômantes). En cas de mise en œuvre d’un accord d’activité partielle de longue durée (ce qui se décidera en 2021 dans chaque établissement après l’expiration de l’accord actuel sur l’activité partielle), le salaire des salariés en formation (parfois un à deux jours par semaine, dans le cadre de l’Activité réduite pour le maintien en emploi) sera maintenu à 100%, grâce à l’abondement de la direction (contre 70% du brut indemnisés par l’Etat).

"On sera vigilants sur la mise en œuvre de l’accord", insiste Guillaume Ribeyre, "notamment sur le fait qu’il n’y ait pas de pression pour pousser à des départs volontaires". L’accord prévoit "un dispositif de contrôle et de régulation paritaire adapté" intégrant "l’anticipation des risques psychosociaux inhérents à ce contexte de restructuration". Des risques réels, dans un contexte économique très difficile pour l’entreprise doublé d'une crise sanitaire qui renforce l’isolement des salariés, dont beaucoup sont en télétravail à 100%.

Une négociation nationale sur le télétravail est d'ailleurs en cours chez Renault. Les discussions se poursuivent également sur l'avenir des sites de production, établissement par établissement. Pour l'heure, seul le transfert d'activité du site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) vers Flins (Yvelines) est acté.

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