Avec la nouvelle hausse du prix des billets de TGV communiquée le 28 février par la SNCF, l’annonce, le lendemain, de l’arrivée prochaine de l’opérateur ferroviaire low-cost Kevin Speed sur les rails tricolores fait mouche. La jeune pousse française a signé un accord-cadre renouvelable de dix ans avec SNCF Réseau jeudi 29 février pour faire rouler ses trains à bas coût entre Paris, Strasbourg, Lyon et Lille à partir de 2028.
16 passages quotidiens à chaque heure entre 6 heures et 22 heures dans les deux sens sont prévus sur les trois lignes de lancement. Pour cela, Kevin Speed va acheter à Alstom 20 rames de trains à grande vitesse. Un investissement conséquent, estimé à 1 milliard d’euros, qui fera l’objet d’une levée de fonds. Au mois de juillet 2023, la start-up avait réalisé un premier tour de table de 4 millions d’euros pour financer ses sites d’exploitation et de maintenance.
Kevin Speed Son offre, Ilisto, débute à 3 euros pour 100 kilomètres parcourus en heure creuse pour les TGV rejoignant Strasbourg et Lille et à 5 euros pour ceux à destination de Lyon. Objectif : «offrir la grande vitesse pour tous, tous les jours», selon les mots de Laurent Fourtune, le président de l’opérateur, cité dans un communiqué. Sont particulièrement visés les Français qui, avec le développement du télétravail, souhaitent s’éloigner des grands centres urbains et s’installer dans des villes moyennes plus accessibles financièrement. Kevin Speed envisage de démarrer ses essais sur le réseau ferré en 2026. Il doit saisir, aux côtés de SNCF Réseau et «dès la semaine prochaine», l’Autorité de Régulation des Transports pour obtenir son avis sur l’accord-cadre conclu.
L’ouverture à la concurrence progresse
Avec cette annonce, l’ouverture à la concurrence du réseau ferré tricolore se concrétise un peu plus. La compagnie ferroviaire italienne Trenitalia a commencé à faire circuler ses trains en 2021 sur l’axe Paris-Milan, l’espagnol Renfe a quant à lui lancé en juillet 2023 une ligne Lyon-Barcelone et une ligne Marseille-Madrid. En revanche, pour les jeunes entreprises françaises comme Kevin Speed, l’arrivée sur les rails de l’Hexagone est plus lente. La coopérative Railcoop, qui souhaite relancer l’axe Bordeaux-Lyon, a été placée en redressement judiciaire en octobre 2023. Elle n’a pas réussi à rassembler les 500 000 euros nécessaires pour payer ses 11 salariés et ses fournisseurs en septembre, et dispose d’un sursis de six mois pour trouver suffisamment de fonds pour assurer sa viabilité. Le Train envisage quant à lui d’ouvrir des lignes à grande vitesse dans le grand Ouest en 2026. Le constructeur espagnol Talgo doit lui fournir dix rames à partir de 2025.



