Railcoop placé en redressement judiciaire a six mois pour faire la différence

La coopérative ferroviaire Railcoop a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Cahors lundi 16 octobre. La société obtient ainsi un sursis de six mois, qui doit lui permettre de se recapitaliser pour restaurer sa trésorerie et trouver de nouveaux investisseurs.

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Railcoop
Railcoop fait partie des quelques projets concurrents de la SNCF qui se sont montés en France depuis fin 2020 et l'ouverture à la concurrence sur le transport de voyageur, comme Le Train ou Kevin Speed.

En sursis. La société coopérative du ferroviaire Railcoop a été mise en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Cahors lundi 16 octobre. Cette décision fait suite à l’échec de l’entreprise à réunir les 500 000 euros nécessaires afin de payer ses onze salariés et ses fournisseurs fin septembre. Elle n’aura finalement atteint que 383 500 euros auprès de ses 14 500 sociétaires.

La société avait déjà clôturé son année 2022 avec une perte de 4,3 millions d’euros. «Le résultat net négatif sur les premières années de Railcoop était prévu dès l’origine. Elles sont liées aux investissements nécessaires au démarrage d’une activité d’entreprise ferroviaire», défendait la société lors d’une assemblée générale, début septembre 2023, en faisant référence à son activité de fret lancée deux ans plus tôt. «Ces investissements auraient dû être couverts par des financements bancaires que nous n’avons pas obtenus.» Une coupure du robinet aggravée par un chiffre d’affaires en berne : 120 000 euros de ventes sur 2022, contre un objectif initial de 4 millions d’euros pour la même année.

Absence d’activité commerciale

Car Railcoop, fondée en 2019, prévoyait de donner du lest à ses finances dès 2022 grâce à une activité de trains de marchandise, qui devait précéder son service dédié aux particuliers. Le projet devait initialement rallier la zone industrielle de Figeac (Lot) à Toulouse (Haute-Garonne) avec une navette quotidienne. Hélas, confrontée à des taux de remplissage trop faibles, à un tronçon réduit et à des difficultés de recrutement, la société abandonne son unique activité commerciale en avril 2023, à peine 18 mois après son lancement. Pour enfoncer le clou, la société, basée dans le Lot, perdait alors une garantie de 4,5 millions d’euros sur ses dettes auprès de la région Occitanie - conditionnée par le maintien de son service de fret en avril.

En parallèle, l’entreprise peine à se lancer sur ce qui devrait être le cœur de son activité commerciale : sa ligne interrégionale Lyon-Bordeaux dédiée aux particuliers. Desservant Montluçon, Roanne ou encore Limoges, cette ligne devait prendre le relais du tronçon abandonné par la SNCF en 2014. Or, l’entreprise a accumulé les retards. Un premier report a eu lieu, à cause du patinage des négociations sur les créneaux horaires («sillons») auprès de la SNCF Réseaux. Finalement, les sillons négociés par la coopérative auprès de SNCF Réseau ne permettent pas de circulation quotidienne avant le 15 décembre 2024. Bien loin de son objectif initial d’ouverture en juin 2022.

Parmi les investissements de lancement, l’entreprise doit rénover huit rames X72500 produites par Alstom à la fin des années 1990. Décriées dans le passé pour leurs dysfonctionnements, elles nécessitent un diagnostic précis. La coopérative ne possède que deux des huit rames prévues pour la mise en service de la ligne transrégionale, semant davantage les incertitudes sur le début de l’activité de sa ligne.

Des sources de financements insuffisantes

La société estime ses besoins à 49 millions d’euros pour le lancement de son activité commerciale via sa ligne Lyon-Bordeaux. Pour se financer, l’entreprise a d’ores et déjà sorti ses atouts. L’assemblée générale a largement voté la poursuite des négociations avec Serena Partners, un fonds d’investissement européen, qui devrait supporter une partie des coûts de lancement du service à hauteur de 12 millions d’euros. D’autre part, la société promet que 800 sociétaires se seraient déjà déclarés prêt à augmenter leur apport au capital. Dernier atout, l’entreprise a également envoyé une lettre à l’Etat. Reste six mois à Railcoop pour trouver une solution.

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