La SNCF et Alstom pourraient entrer au capital de Valdunes en tant qu'actionnaires minoritaires

Le 19 octobre, le ministre délégué à l'Industrie, la SNCF, Alstom, la CGT et la région Hauts-de-France se sont réunis à Bercy pour discuter de l'avenir du sous-traitant ferroviaire Valdunes.

Réservé aux abonnés
Technicentre SNCF
La SNCF s'est dite prête à s'engager en termes d'achats auprès de Valdunes.

Une petite mais une réelle avancée dans l’affaire Valdunes. Le 19 octobre, une table ronde à Bercy a réuni Roland Lescure, ministre délégué de l’Industrie, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et des représentants de la CGT du fabricant de roues et d’essieux ferroviaires. Mais aussi, et c’est plus rare, Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom et Xavier Bertrand, président du Conseil régional des Hauts-de-France.

L’objet de la réunion était d’étudier le projet de reprise avancé par la CGT, qui consisterait à créer un consortium du ferroviaire avec la SNCF et Alstom afin d’assurer la reprise de l’entreprise, abandonnée par son ancien actionnaire, MA Steel, en mai 2023.

Des prises de parts minoritaires, mais…

«Il y a eu une avancée. Jean-Pierre Farandou a pris ses responsabilités et a annoncé que la SNCF prendrait une part minoritaire dans le projet», a déclaré Sophie Binet à la sortie de la table ronde. Du côté d’Alstom, «il y a eu un bougé durant la réunion» selon la secrétaire générale. «Henri Poupart Lafarge semblait réticent au départ mais a ensuite dit qu’il pourrait également prendre une part minoritaire», raconte Maxime Savaux, délégué syndical CGT à Valdunes. De plus, selon un communiqué de presse du ministère chargé de l’Industrie : «La SNCF et Alstom ont confirmé de leur côté être prêts à jouer leur rôle d’acheteurs responsables.»

Xavier Bertrand, a pour sa part annoncé son intention de s’engager financièrement dans un projet de reprise, sans toutefois spécifier de montant. De bonnes nouvelles pour Valdunes, même si toutes ces contributions financières ne suffiraient pas à sauver le sous-traitant ferroviaire, car une question subsiste : qui pourrait devenir l’actionnaire majoritaire de l'entreprise ?

La nationalisation, une solution ?

«Le travail aujourd’hui continue, car nous devons encore trouver des repreneurs capables de porter un projet industriel pérenne pour les sites», a commenté Roland Lescure. Le 17 octobre, le ministre avait déclaré, à l’Assemblée nationale : «Nous avons des marques d’intérêt réelles pour les deux sites Leffrinckoucke». Depuis, l’allemand Navigator Group a annoncé abandonner son projet de reprise à La Voix du Nord. Lors de la réunion, le ministre a abordé l’offre d’Interpipe Group, producteur de roues de train ukrainien, une offre qui déplaît à la CGT, car l’entreprise reprendrait uniquement le site d’usinage de Trith-Saint-Léger (Nord), laissant de côté la forge de Leffrinckoucke (Nord).

La CGT ne baisse toutefois pas les bras concernant son projet de consortium, et se dit prête à poursuivre les pourparlers avec la SNCF et Alstom. Mais elle attend également plus d’engagement de la part du ministère de l’Industrie, voire une nationalisation temporaire. «Il faut que l’Etat intervienne. Notre projet nécessite 60 millions d’euros, ce n’est rien par rapport aux 100 milliards de plan de relance du ferroviaire», affirme Maxime Savaux. «Sur cette affaire, la CGT s’est mobilisée à la SNCF, à la RATP et chez Alstom. Nous avons mené ce projet de A à Z, mais nous ne sommes pas le ministère de l’Industrie. Il faut que le ministre prenne ses responsabilités», s’indigne Sophie Binet.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.