La Roumanie annule un appel d’offre de 1,2 milliard d’euros remporté par Naval Group

La Roumanie a indiqué le 8 août 2023 n’avoir pas trouvé d’accord sur son appel d’offre avec Naval Group. En 2019, le groupe français avait pourtant remporté sur le papier un contrat à hauteur de 1,2 milliard d’euros pour des navires de guerre, dont quatre corvettes qui devaient être construite dans le pays d’Europe de l’Est.

Réservé aux abonnés
Corvette Gowind
La commande de la Roumanie à Naval Group portait sur la construction de quatre corvettes Gowind, sur des chantiers navals roumains.

La Roumanie a annoncé mardi 9 août qu’elle annulait un appel d’offre remporté par l'industriel de défense Naval Group en 2019. La proposition gagnante de 1,2 milliard d’euros visait la construction de quatre Corvettes multi-missions Gowind, en plus de la rénovation de deux frégates roumaines T22. Le ministère roumain de la défense a confirmé «l’annulation de la procédure spécifique relative au programme d’équipements essentiels ‘’Corvette polyvalente’’», dans un communiqué.

La promesse de la concrétisation du contrat restait dans le flou depuis 2019. Naval Group (ex DCNS) avait décroché le marché face à deux concurrents de la construction navale, le néerlandais Damen et l’italien Fincantieri, lors d'une année très fructueuse en contrats internationaux. L’industriel devait opérer à Constanta, sur la côte occidentale de la mer Noire, en partenariat avec les chantiers navals Santierul Naval Constanta (SNC). Mais le contrat n’a jamais été finalisé.

Bucarest continue ses investissements dans la défense

Deux raisons sont invoquées par le gouvernement roumain. D’une part, Naval Group «n’a pas signé l’accord-cadre dans les délais demandés» par la Roumanie. L'autre raison pourrait être budgétaire. C'est ce qui explique que Damen, arrivé en deuxième position lors de l'appel d'offre, n'a pas été retenu pour suppléer Naval Group. «Les fonds nécessaires pour déclarer lauréat l’opérateur suivant n’ont pas été identifiés», a précisé le gouvernement. Il proposait une offre à 1,25 milliard d’euros, soit plus chère de 50 millions par rapport à celle du groupe français.

Cette décision ne ralentit pas pour autant les investissements de Bucarest dans le domaine militaire. Le pays compte entre autres acheter des missiles et des chars aux Etats-Unis, et doit augmenter en 2023 son budget consacré à la défense, passant  2,5% de son PIB en 2023, contre 2% en 2022. Membre stratégique de l’Otan en mer Noire, la Roumanie accueille les nombreux soldats de la mission « Aigle » de l’organisation internationale. D’ailleurs dirigée par la France, cette mission œuvre dans un but de dissuasion depuis mai 2022, alors que l’Ukraine est voisine de la Roumanie.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.