Le groupe français Seb, spécialiste du petit électroménager, dit réfléchir à la relocalisation de certains de ses produits fabriqués aujourd’hui dans des pays à faible coûts de main-d’œuvre comme la Chine. Mais la marge de manœuvre s’annonce compliquée, à entendre son PDG. « Je suis d’accord avec le gouvernement sur la nécessité de faire revenir la production en France, note Thierry de la Tour d’Artaise. Mais soyons clairs : tout n’est pas relocalisable. Une machine à café vendue entre 20 et 30 euros dans la distribution ne peut pas l’être. La relocalisation ne peut être envisagée que pour les produits à forte valeur ajoutée.»
Seb se vante de produire déjà le gros de ses produits à valeur ajoutée en Europe et de suivre une stratégie privilégiant la production des produits là où ils sont vendus : en Europe pour l’Europe, en Asie pour l’Asie... Sur les 42 usines qu’il compte aujourd’hui dans monde, 11 se situent en France. La production dans l’Hexagone assure 30% de son chiffre d’affaire total, alors que la France ne représente que 10% de son marché global.
Tissu de fournisseurs
Le dirigeant met en avant l’exemple des machines professionnelles à café issues de WMF, une société allemande rachetée en 2016. « Auparavant, l’électronique de ces machines était sous-traitée à l’extérieur, explique Thierry de la Tour d’Artaise. Nous l’avons internalisée dans notre centre mondial d’électronique à Saint-Lô, dans la Manche. » Une démarche saluée par Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée de l’Industrie, comme un exemple de relocalisation lors de sa visite de ce centre d’électronique en septembre 2021.
Thierry de la Tour d’Artaise met le doigt sur une réalité qu'il voit comme un sérieux obstacle à la relocalisation : la difficulté de trouver en France les fournisseurs et sous-traitants. « Il faut d’abord créer des filières de composants, plastiques et autres matières premières, insiste-t-il. Nous l’avons fait pour le recyclage des poêles. Sans cela, nous n’aurions pas pu monter cette activité en France. »



