Seb aborde avec une certaine sérénité la loi en discussion à l’Assemblée nationale qui vise à augmenter la part de femmes chez les cadres dirigeantes et dans les instances dirigeantes. Le groupe compte 25 % de femmes parmi ses 400 cadres dirigeants et estime qu’elles seront 30 % d'ici deux ans. Son comité de direction compte deux femmes pour trois hommes.
Stratégies d'accélération
«Pour féminiser nos cadres, nous nous heurtons à la contrainte du faible vivier de femmes dans les écoles d’ingénieurs alors que nous en recrutons beaucoup. Pour progresser vite, nous avons donc repéré les métiers où nous avions le plus de femmes : le marketing, les RH, la finance et nous avons beaucoup embauché dans ces fonctions même si nous avons tout de même une femme à la tête de notre usine de Pont-Evêque» explique Thierry de la Tour d’Artaise. En 2020, 40 % des managers de l’entreprise (4000 personnes) sont des femmes. « Nous avons un peu régressé suite à une grosse acquisition en Allemagne car nous étions à 42 % auparavant.» Au-delà de ses objectifs de recrutement Seb travaille sur la mobilité, l’entreprise met des femmes dans la short-list de tous ses plans de succession. Et le patron convient que c'est plus facile dans une entreprise en croissance.
Des quotas progressifs

- 145.1+0.21
Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 0.86935+0.03
15 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
Pourtant Thierry de la Tour d'Artaise l'admet : « j’étais contre les quotas car je trouvais que cela jetait de la suspicion sur les compétences mais que je crois que cela permet aux entreprises d’avancer. Ensuite il faut réfléchir aux paramètres : les pourcentages et la durée pour y parvenir car si l’on va trop vite, cela peut se faire au détriment des hommes ». Pour ce qui concerne la proposition de loi en discussion à l’Assemblée, qui vise 30 % de femmes dans les instances dirigeantes en 2027 et 40 % en 2030, Thierry de la Tour d’Artaise estime que « ce sont des chiffres raisonnables ». Le dirigeant du groupe d’électro-ménager estime aussi qu’il faut mieux fonctionner sur un système d’"incentives" que de punition. Le groupe n’a pas d’objectifs de parité dans les bonus de ses dirigeants mais trouve l’idée intéressante et réfléchit à la question.
Sujet mondial
En réalité, la loi française n’est qu’un levier accessoire et parfois peu pertinent pour un groupe aussi international que Seb. « Notre enjeu de parité dépasse le cadre français. L’index Pénicaud est intéressant, mais les entités juridiques sur lesquelles il est calculé ne correspondent pas à l’organisation des ressources humaines de notre groupe. Nous sommes obligés d’intégrer une vision mondiale », soutient Thierry de la Tour d’Artaise.
Une parité mondiale et qui fonctionne du sommet à la base de la pyramide. L’entreprise a été interpellée lors de sa reprise de Moulinex à la barre du tribunal de commerce, il y a 20 ans, par la situation des ouvrières et leur très faible employabilité « Cela nous a fait réfléchir à ces populations féminines fragiles. Nous avons voulu sortir du modèle du contremaître dirigeant 50 ouvrières pour privilégier des équipes courtes et des organisations en îlots où la prise de responsabilité des femmes est encouragée.» Avec pour y parvenir de la formation et l’encouragement des hommes de l'entreprise aussi.



