Le centre d’électronique de Seb à Saint-Lô a fêté, jeudi 16 septembre 2021, ses 50 ans d'existence, en présence d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie. L’occasion pour Thierry de la Tour d’Artaise, PDG du groupe, de réaffirmer le rôle stratégique de ce site industriel. C'est là que sont réalisées les cartes électroniques et logiciels de tous les produits haut de gamme, y compris certains produits en Chine pour le marché local !
Le fabricant français de petit électroménager compte 33 000 salariés dans le monde, dont 6 000 en France, et s’attend à un chiffre d’affaires d’environ 8 milliards d’euros en 2021. Sur les 42 usines qu’il compte dans le monde, onze se situent en France et six en Chine. Le site de Saint-Lô constitue son unique centre de développement et production électronique dans le monde. Il en a hérité lors du rachat de Moulinex en 2001.
Internaliser les compétences électroniques
« Au lieu de le fermer, nous avons décidé au contraire de le garder et de le développer, rappelle Thierry de la Tour d’Artaise. Nous étions convaincus que notre groupe devait disposer en interne d’un centre de compétences en électronique et que le site de Saint-Lô pouvait le devenir. Nous avons ensuite investi dans des équipements de pointe, et progressivement concentré ses activités sur la conception et la fabrication des cartes électroniques. En 2011, nous en avons fait l’unique centre électronique du groupe. »

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Le centre de Saint-Lô compte aujourd’hui 100 salariés, dont 25 en développement électronique et logiciel. Il se targue d’avoir réalisé les cartes électroniques de produits emblématiques tels que la friteuse sans huile Actifry, l’autocuiseur Cookeo et le robot ménager Companion. Avec environ 5 millions de cartes électroniques fabriquées par an, il assure 10% des besoins électroniques du groupe dans le monde, mais 70% en Europe. En 2015, il a renforcé son outil de production avec deux lignes d’assemblage de composants montés en surface (CMS), offrant chacune une cadence de pose de 50 000 composants à l’heure.
Seb, qui investit en moyenne 70 millions d’euros dans ses usines en France, n’entend pas relâcher l’effort à Saint-Lô. Au contraire, il prévoit de poursuivre ses investissements sur ce site pour accompagner sa croissance (+16% attendue en 2021) et la transformation de ses produits haut de gamme par la connectivité et l’intelligence.
Révolution des objets intelligents
« La révolution des objets intelligents et connectés tels que Companion, couplée à la transition énergétique, touche les secteurs de l’industrie. La croissance des prochaines décennies appartiendra à ceux qui sauront répondre à ces nouveaux défis, précise le PDG. C’est à travers la gestion de la data et les produits connectés que nous pourrons répondre aux nouveaux besoins des consommateurs. Ceci passe par la maîtrise de l’électronique. »
« C’est là que s’écrit le futur du site de Saint-Lô, par sa capacité à concevoir et produire des cartes électroniques de plus en plus sophistiquées à des conditions économiques compétitives », ajoute le dirigeant. Tous les produits de Seb comportent aujourd’hui de l’électronique. Le robot Companion intègre quatre cartes électroniques, dont une carte wi-fi. La plus grande des cartes, qui pilote les différents mécanismes du robot comme le moteur, comprend près de 1 200 composants.
Pénuries de puces
Problème: Seb est touché par la pénurie de composants électroniques comme les semi-conducteurs. Mais il a réussi à en limiter l’impact. « Nous avons anticipé la crise en commençant dès début 2020 à commander plus de composants que de besoin pour nous constituer des stocks, confie Thierry de la Tour d’Artaise. C’est un pari qui coûte cher. Mais cela nous a permis de poursuivre nos activités avec peu d’impact sur nos ventes. Contrairement à l’automobile, aucune de nos usines n’a subi d’arrêt. »
Agnès Pannier-Runacher a salué les efforts d’anticipation de Seb et envers le Made in France. Les usines en France assurent 30% du chiffre d'affaires total du groupe, alors que la France ne représente que 10% du marché pour Seb. « Avec une stratégie adaptée, Seb montre que l'on peut se développer sans sacrifier la production en France, se félicite-t-elle. On peut fabriquer des cartes électroniques en France. C’est ce qui fait la compétitivité de Seb qui est numéro un mondial du petit électroménager. »
Nouveau centre d'innovation
Thierry de la Tour d’Artaise reste discret sur les futurs investissements envisagés sur le site de Saint-Lô. Mais il ne cache pas son rêve de voir ce centre atteindre une production annuelle de 10 millions de cartes électroniques, le double de la production actuelle. Il révèle néanmoins un investissement de 150 millions d’euros en France dans un nouveau centre d’innovation à Ecully, près de Lyon, dans le Rhône, et un centre logistique européen à Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais.
Le nouveau centre d’innovation, qui comprendra 300 chercheurs, devrait être inauguré dans les mois à venir, tandis que le centre logistique devrait être opérationnel au quatrième trimestre 2022.



