Chronique

Avec Back Market, Seb renforce sa promesse de réparabilité

[Mise à jour du 22 juillet] Le groupe Seb annonce un partenariat avec le site Back Market, qui commercialise des produits reconditionnés. Un nouveau pas vers l'économie circulaire du groupe d'électroménager, qui a fait de la réparabilité de ses produits un axe stratégique depuis 2012.

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Eco-conception d'une centrale vapeur chez SEB
Eco-conception chez Seb: depuis 2015, tous les produits mis sur le marché par le groupe sont réparables et leurs pièces détachées disponibles pendant quinze ans en France.

De la conception d’un produit à sa seconde vie en passant par ses réparations… Depuis 2012, le groupe Seb poursuit un objectif de durabilité de son petit électroménager, dans un souci environnemental, mais aussi social. Dernière initiative en date : le groupe a annoncé le 22 juillet un partenariat avec Back Market, plateforme de commercialisation de produits reconditionnés. En Espagne, en France et au Portugal, pour commencer, les consommateurs pourront trouver sur le site des produits Rowenta, Moulinex, Krupps, reconditionnés par le fabricant.

Début 2021, Seb et une structure d'insertion professionnelle, Ares, avaient ouvert de RépareSeb, un lieu dédié à l’économie circulaire porte de la Chapelle, à Paris, en collaboration avec la ville de Paris. Des personnes éloignées de l’emploi sont formées en atelier au métier de réparateur, en remettant en état des produits électroménagers, mis ensuite en vente à un prix « solidaire ». Le lieu propose aussi de la location d’électroménager, une initiative déjà mise en œuvre dans cinq Monoprix parisiens. Le projet a démarré avec six personnes, Seb vise une trentaine de réinsertions par an et l’ouverture d’autres centres de ce type.

Besoins en réparateurs

L’objectif est aussi, pour le fabricant des marques Seb, Moulinex, Tefal, Calor, Lagostina…, de former plus de réparateurs, un métier en voie de disparition. Or la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de février 2020, en imposant l’affichage d’un indice de réparabilité (une note sur 10) sur cinq produits (smartphone, ordinateur portable, téléviseur, tondeuse à gazon électrique, machine à laver à hublot), va pousser les fabricants à mettre sur le marché des produits réparables. Le besoin en professionnels de la réparation va donc s’intensifier.

Le groupe Seb n’est pas concerné pour le moment par l’affichage d’indices de réparabilité, mais il devrait l’être avec l’élargissement à de nouveaux objets en 2022 (non encore connus). Seb subodore que deux familles de ses produits seront concernées. Engagée depuis neuf ans sur la réparabilité de ses produits, la marque a participé aux groupes de travail mis en place pour créer l’indice. En avril 2018, c’est dans une usine du groupe en Mayenne que le Premier ministre d’alors, Edouard Philippe, avait lancé la « feuille de route pour une économie circulaire ».

« Depuis 2012, les équipes techniques sont impliquées dès la phase de développement d’un nouveau produit, pour garantir une accessibilité aux pièces et des pièces disponibles pendant les dix ans qui suivent leur achat, explique Cédric Veille, directeur du site Seb International Services (SIS), à Faucogney-et-la-Mer (Haute-Saône). 95% des produits lancés par le groupe depuis 2015 rentrent dans ce schéma de réparabilité. » Il cite l’exemple du réservoir d’une centrale vapeur qui a été re-designée pour que l’appareil puisse être réparé. Depuis 2020, les pièces sont même disponibles pendant quinze ans en France, la marque s’apprête à communiquer sur le sujet auprès des consommateurs.

Réduire les stocks grâce à l'impression 3D

« Nous cherchons par ailleurs à avoir des composants communs à plusieurs produits, pour limiter les références de pièces en stock », poursuit Cédric Veille. Quand un produit sort, SIS achète pour dix ans de pièces détachées. Il en a actuellement 7,5 millions en stock, et ce nombre augmente de 500 000 à 1 million de pièces par an ! Pour limiter les volumes de ses stocks, SIS teste depuis 2016 l’impression 3D de certaines pièces plastiques. « La technologie n’est pas encore prête, mais elle évolue très vite. En 2025, ce sera plus industrialisé », poursuit le directeur de site. 110 références peuvent être imprimées en 3D, deux à trois nouvelles s’y ajoutent chaque mois. Quatre machines travaillent sept jours sur sept, produisant environ 200 pièces par mois, expédiées dans le monde entier, « mais c’est en croissance régulière ».

Pour encourager ses consommateurs à faire réparer leurs appareils, Seb a lancé durant l’été 2020 des forfaits de réparation. On paie à l’avance, le prix dépend de l’appareil (20 euros le presse-agrumes, 45 euros le four…) et non de la panne, donc le coût est connu dès l'achat, quelle que soit la pièce à changer. La réparation, garantie six mois, se fait chez un réparateur agréé. D’ici quelques jours, les appareils de toutes les marques du groupe pourront également être déposés en points relais.

Limiter les émissions des réparations

Depuis 2010, Seb s’attaque à réduire son empreinte carbone. En dix ans, la consommation d’énergie des sites de production a été diminuée de 30%, quand les émissions de ses transports ont été réduites de 40%. En avril, le groupe s’est fixé un objectif de neutralité carbone en 2050. Aux efforts sur les émissions des sites, s’ajoutent la réparabilité des produits, l’intégration de matériaux recyclés et la faible consommation d’énergie des produits fabriqués. « Nous essayons par exemple d’avoir des sous-éléments plus petits », explique Cédric Veille. Au moment de changer les pièces, cela consomme moins de matière. Les aspirateurs de table sont composés aujourd’hui de plus de 50 pièces, quand il y avait 4 à 5 sous-ensembles il y a encore cinq ans. La friteuse sans graisse Actifly, elle, est composée de plus de cent pièces ! De l’éco-conception, encore.

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