Chronique

Indice de réparabilité de l’électronique, un premier pas salutaire... mais insuffisant

La chronique de Marion Garreau, cheffe du service Innovation.

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TechInsights iPhone 12 Pro désossé
Photo d'un iPhone 12 désossé.

Après le nutri-score pour apprécier la valeur nutritionnelle des produits alimentaires, voici l’indice de réparabilité des produits électroniques. La France l’a lancé au 1er janvier pour obliger les fabricants à indiquer à quel point l’appareil qu’ils vendent est réparable, à travers une note allant de 0 pour ceux impossibles à réparer à 10 pour les plus faciles à remettre en état. Ne sont concernés que cinq type d’appareils, les plus consommés dans l’Hexagone : ordinateurs portables, smartphones, lave-linges à hublot, téléviseurs et tondeuses à gazon.

Cette initiative française vise à mieux informer les consommateurs et à encourager les constructeurs à accroître l’écoconception de leurs produits. Un premier pas salutaire, surtout si l’Europe suit – l’Union européenne planche sur un "repair score", que l’expérience française pourrait inspirer. Mais insuffisant. Les récentes notes affichées par les grands constructeurs le montrent.

Des points trop facilement gagnés

Alors qu’Apple est critiqué pour verrouiller son écosystème et interdire à des réparateurs indépendants l’accès à ses pièces détachées, les quatre modèles de l’iPhone 12 obtiennent 6/10. Cette note permet à la marque à la pomme d’afficher une étiquette verte, que le consommateur pourrait interpréter comme positive. En réalité, c’est passable, et c’est l’une des plus basses obtenues depuis la mise en place de l’indice.

C’est la première faiblesse de cet indice : rien que le fait de déclarer certains éléments permet de gagner des points. Difficile donc d’aller jusqu’au zéro pointé. Entre le 6/10 des iPhones 12 et le 8,7/10 du Fairphone FP3+, un smartphone dont quasiment toutes les pièces sont détachables et réparables, il y a tout un monde, qu’un consommateur non averti ne va pas forcément voir. A cela s'ajoutent deux autres faiblesses : la publication de l'indice est basée sur le volontariat et son calcul repose sur l’auto-évaluation des fabricants, certes guidés par une grille mais qui comprend des calculs complexes et donc difficiles à vérifier.

Deux ans de négociations entre les représentants des constructeurs, plusieurs associations écologistes et différentes instances publiques ont été nécessaires pour aboutir à la construction de cet indice de réparabilité. Espérons qu’à défaut de pousser au verdissement de l’électronique, il permettra d’éveiller les consciences pour, qu’à l’avenir, les acteurs avancent sur de nouveaux dispositifs plus contraignants à pas de géants.

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