En janvier, EDF a annoncé le report de la mise en service du premier EPR d’Hinkley Point C au Royaume-Uni, à mi-2029, voire 2030 ou 2031, au lieu de 2024. Après analyse, la durée des travaux électrotechniques (la pose des câbles et des tuyaux), prévus sur trois ans lors de la décision d’investissement en 2016, a été réévaluée à cinq ans, entraînant un surcoût de 6 à 8 milliards de livres (7 à 9,3 milliards d’euros). La facture totale, 18 milliards de livres au départ, serait maintenant comprise entre 31 et 34 milliards de livres. Le projet avait déjà été revu en 2022, après la pandémie de covid-19, avec un premier glissement du calendrier de quinze mois.
Un chantier débuté sans la finalisation des plans
Pour justifier ce nouveau retard, EDF invoque, comme pour l’EPR de Flamanville, la perte de compétences du nucléaire britannique qui, «n’a pas construit de nouveau réacteur nucléaire depuis vingt ans». Mais si la filière anglaise n’est pas prête, c’est surtout parce qu’EDF ne lui a pas permis de se préparer. Le français commence ses chantiers nucléaires sans en avoir finalisé les plans. «Jusque très récemment, nous n’avions pas complété le design de détail de la centrale, reconnaît un porte-parole d’EDF. Désormais, on connaît les quantités nécessaires de tuyaux, de câbles et de tous les éléments pour faire un travail plus de détail.» Difficile alors pour les équipementiers anglais de recruter, former, investir, pour fournir pièces et services au niveau de certification attendu. Le problème pourrait se poser pour les EPR2 en France, alerte l’Autorité de sûreté nucléaire française.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3728 - Mars 2024



