La pénurie de puces plombe les ventes de smartphones... Mais certains fabricants s'en sortent mieux que d'autres

Après des rebonds aux deux premiers trimestres 2021, les livraisons mondiales de smartphones ont chuté de 6% au troisième trimestre 2021, selon le cabinet Canalys. En cause, la pénurie de puces qui contraint les constructeurs à réduire leurs productions. 

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Smartphone
Tous les fabricants de smartphones ne sont pas affectés de la même manière par la pénurie de puces.

Le retour à l’embellie dans les smartphones est en train de prendre brutalement fin. Après des rebonds de 27% au premier trimestre 2021, et 12% au deuxième trimestre 2021, les livraisons mondiales ont plongé de 6% au troisième trimestre 2021 selon les chiffres préliminaires du cabinet Canalys. En cause : la pénurie de puces qui frappe durement maintenant cette industrie de plus de 400 milliards de dollars (345 millions d’euros) de chiffre d’affaires annuel, après avoir affecté d’abord l’automobile.

« La famine des puces est vraiment arrivée, commente dans le communiqué Ben Stanton, analyste chez Canalys. L'industrie des smartphones s'efforce de maximiser la production du mieux qu'elle peut. Du côté de l'offre, les fabricants de puces augmentent les prix pour décourager les commandes excessives, dans le but de combler l'écart entre la demande et l'offre. Mais malgré cela, les pénuries ne s'atténueront pas avant 2022. »

Samsung le plus pénalisé

Presque tous les constructeurs sont affectés. Mais c'est Samsung qui sort comme l’acteur du Top 5 le plus pénalisé avec un recul de ses expéditions de smartphones de 12,5%. Une situation paradoxale : le groupe sud-coréen fabrique une grande partie des semi-conducteurs consommés par les smartphones, des puces mémoires jusqu’aux processeurs d’application, en passant les composants radiofréquences, les capteurs d’image, les circuits de gestion de l’alimentation ou encore les microcontrôleurs.

Samsung assure en interne jusqu’à 63% du contenu en semi-conducteurs de ses smartphones, selon le cabinet Counterpoint. Mais il suffit qu’un composant acheté à l’extérieur pose problème pour freiner sa production.

Le chinois Xiaomi n’échappe pas à la crise. Après une ascension météorique qui l’a propulsé à la deuxième marche du podium mondial au deuxième trimestre 2021 derrière Samsung, il encaisse une baisse de ses ventes de 3%. Son compatriote Vivo s’en sort mieux avec une progression de ses livraisons de 3%.

Modèle intégré d'Apple

Sans surprise, Apple se démarque par sa résilience avec un bond de ses ventes d’iPhone de 13,5%. Un résultat qui lui permet de reprendre à Xiaomi sa deuxième place mondiale. Sa performance s’explique par deux raisons. La première tient dans son modèle verticalement intégré, avec la maîtrise en interne de plusieurs puces d’importance dont le processeur d’application, le moteur de ses iPhone. La seconde réside dans ses liens étroits avec ses fournisseurs, avec le choix, pour les fonctions clés, de composants sur-mesure et non des composants standards. Mais Apple pourrait finir par être aussi rattrapé par la pénurie.

Le cabinet Canalys était jusqu’ici optimiste sur l’évolution du marché en 2021. Il voyait les ventes de smartphones bondir de 12% en volume, après avoir plongé de 7% en 2020 à cause de la crise du Covid-19. Il prévoit de réviser à la baisse ses projections dans les semaines à venir, à l'instar de Counterpoint qui entrevoit maintenant une croissance de 6%, au lieu de 9% auparavant.

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