Ce mardi 6 octobre, le Haut conseil pour le climat (HCC) dévoile son nouveau rapport intitulé "Maîtriser l’empreinte carbone de la France". Un rapport qui a été demandé par le gouvernement suite à la publication du rapport annuel de 2019, "Agir en cohérence avec les ambitions". Il demandait de répondre à la question : "Quelle est l’empreinte carbone des produits que nous importons et comment la réduire efficacement ? "
HCC Depuis 1995, l’empreinte carbone de la France diminue légèrement en raison de l’augmentation des émissions importées. Elles ont progressé de 78 %. La baisse est uniquement due à la diminution des émissions sur le territoire national qui représentent 53% des émissions, et sont les seules être soumises aux politiques climatiques nationales.
HCC Entreprises et ménages français pointés du doigt
Avec les importations, les émissions de la France sont 70% plus élevées que ses émissions territoriales. La responsabilité se partage entre les émissions d’importations et les transports internationaux. La hausse des émissions est bien entendu liée à la hausse de la consommation. Seul un quart des importations proviennent de pays qui se sont engagés à la neutralité carbone (le Royaume-Uni) ou s’engageront prochainement (l’Union européenne). Et comme l’indique le rapport, les trois quarts de l’empreinte carbone de la France sont liés à des décisions d’acteurs économiques français, les entreprises par leurs choix d’approvisionnement et les ménages par leurs choix de consommation.

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"Pour tenir nos objectifs de réduction de l’empreinte carbone de 80 % en 2050 qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, il faudrait que la France réduise ses émissions importées de 65% et ses émissions domestiques de 91%", prévient Corinne Le Quéré, présidente du Haut conseil pour le climat.
La loi énergie-climat prévoit un plafond "indicatif" à partir de 2022 qui comprend les émissions importées. Le HCC demande aux entreprises de "limiter leurs émissions importées au titre des enjeux environnementaux". Et aux ménages, il faut donner le maximum d’informations sur l’impact climat des produits avec le "score carbone". Les émissions des transports internationaux pour la France ont augmenté de 50 % depuis 1990. Une augmentation qui atteint même 180% pour le transport aérien.
Taxer le carbone aux frontières
Ensuite, le HCC demande à la France de peser diplomatiquement dans l’Europe pour exiger une évaluation de l’impact carbone dans les accords de libre-échange comme le Mercosur. Un impact qui doit prendre en compte notamment la déforestation A la question, est-ce qu’une politique de relocalisation efficace pourrait faire baisser drastiquement nos émissions, Corine Le Quéré répond que tout dépend des produits fabriqués et de l’énergie utilisée. "En France, nous utilisons une électricité décarbonée. Par conséquent, pour les industries qui utilisent beaucoup d’électricité, la baisse peut être très importante."
En tout cas, une politique qui taxe le carbone aux frontières pour pénaliser les entreprises qui n’ont pas de politique climatique ambitieuse devrait avoir des conséquences sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), car il renforcerait la compétitivité des produits des entreprises européennes vertueuses au détriment des "produits importés intensifs en GES".



