Se poser comme banque publique du climat et annoncer avec la Banque des territoires un plan de 40 milliards d’euros d’ici à 2024 pour financer la transition énergétique, c’est bien. Au menu : des prêts verts pour aider les entreprises à se décarboner, un doublement des enveloppes de financement pour les projets d’énergies renouvelables et une enveloppe de 2,5 milliards d’euros pour soutenir l’innovation et les greentechs, soit le double, là aussi, des montants actuels. L’effort est conséquent.
Opération de greenwashing ou pas ?
Mais l’ONG Oxfam accuse Bpifrance de greenwashing. Elle lui reproche de continuer en parallèle son activité d’assurance-crédit à l’export dans le gaz naturel, les avions et les navires de croisière, même si le charbon est désormais exclu. Sur ce sujet, Bpifrance renvoie la balle à l’État pour lequel la banque n’est qu’opérateur de l’assurance-crédit. Tout en argumentant que tant qu’Airbus ne produit pas d’avions verts, mieux vaut, pour l’emploi, vendre des avions polluants plutôt que plus d’avions du tout.
Lancement d’une communauté du coq vert
Pour Bpifrance, l’enjeu est ailleurs. L’essentiel de l’empreinte climatique de son portefeuille d’actifs se trouve dans les PME, plus que dans ses participations dans les groupes cotés, comme Vallourec et Technip, qui d’ailleurs se tournent vers l’hydrogène. La plupart des dirigeants de PME n’ont encore qu’une vague idée de comment mener leur transformation verte. "Ce serait facile de vendre tout ce qui est brun. Nous préférons la face nord : aller tous les voir et les transformer tous", estime Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, qui mise sur le lancement d’une communauté du coq vert et des accélérateurs de la transition énergétique pour essaimer la transformation verte. Favoriser la transformation du plus grand nombre, plutôt que se limiter aux déjà vertueux, en somme.



