La justice valide la reprise des usines d'Ascoval et Hayange par l'allemand Saarstahl

Le groupe sidérurgique allemand Saarstahl est autorisé à racheter au britannique Liberty Steel l'aciérie d'Ascoval et l'usine de rails d'Hayange, a confirmé lundi 2 août le tribunal de commerce de Paris. Une décision accueillie avec soulagement par les salariés des deux sites.

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Ascoval aciérie saint-saulve
Ascoval produit notamment des blooms pour l'usine d'Hayange.

Après plus de quatre ans d'incertitudes et de rebondissements, le sort de l'aciérie d'Ascoval, située à Saint-Saulve (Nord), et celui de l'usine de rails d'Hayange (Moselle) semblent scellés. Le tribunal de commerce de Paris a en effet validé lundi 2 août l'offre de reprise du groupe sidérurgique allemand Saarstahl, qui avait annoncé début juillet avoir trouvé un accord de principe avec le britannique Liberty Steel.

Ce dernier avait mis la main sur les deux sites au cours de l'été 2020, mais avait annoncé vouloir les revendre en mai, en raison des difficultés financières de sa maison mère, GFG Alliance. Géré par l'homme d'affaires Sanjeev Gupta, ce conglomérat était l'un des principaux clients de Greensill, entreprise financière qui s'est déclarée en faillite début mars.

L'offre d'ArcelorMittal rejetée

Ascoval, qui emploie 270 salariés, produit notamment des blooms (aciers longs) pour l'usine d'Hayange. Les 430 employés de cette dernière fabriquent des rails à partir de ces blooms pour plusieurs clients européens, parmi lesquels SNCF Réseau et la RATP. Ces deux usines étant ainsi des fournisseurs stratégiques pour la France, leur rachat nécessitait l'accord du gouvernement. En quelques semaines, le ministère a étudié plusieurs propositions, parmi lesquelles celle de l'italien Beltrame ou du géant ArcelorMittal, mais l'offre de Saarstahl avait les préférences des syndicats des deux sites.

Selon plusieurs médias, le groupe allemand proposait trois millions d'euros pour le rachat des deux usines, un investissement de 40 millions et une reprise de dette à hauteur de 45 millions d'euros. Ce ne sera en tout cas pas la première aventure française de Saarstahl : il possède déjà le site de Conflandey Industries, à Amoncourt (Haute-Saône). Cette expérience, ainsi que les objectifs environnementaux affichés par l'entreprise, ont été salués à la fois par les syndicats et par la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher après l'annonce de la décision de justice.

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