Liberty Steel avance prudemment dans la cession d’Ascoval et de Hayange

L’annonce, le 1er juillet par le ministère de l'Economie, de la signature d’un accord de principe entre Liberty Steel et l’allemand Saarstahl en vue de la reprise de l’aciérie Ascoval et de l’usine de rails de Hayange a suscité une réaction de leur maison-mère GFG Alliance. Le groupe, en difficulté financière, évoque toujours la possibilité d’une cession à ArcelorMittal.

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Hayange Moselle Liberty Steel GFG Alliance
L’usine Liberty Rails à Hayange en Moselle (photo) se trouve à une centaine de kilomètres du site sidérurgique de Saarstahl (Allemagne), son repreneur potentiel.

Les salariés d’Ascoval (Nord) et de Liberty Rail à Hayange (Moselle) croisent les doigts. L’annonce faite le 1er juillet par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, d’un accord de principe en vue de la cession de leurs sites au groupe Saarstahl, irait dans leur sens. Il y a dix jours, l’intersyndicale de Hayange avait appelé le gouvernement à préférer l’offre du sidérurgiste allemand à celles des deux autres candidats, ArcelorMittal et l’italien Beltrame.

Les syndicats estiment qu’une reprise par ArcelorMittal fragiliserait Hayange, car le géant de l’acier compte déjà quatre laminoirs à rails en Europe (Luxembourg, République Tchèque, Pologne et Espagne). "Nous nous retrouverions en concurrence interne avec d’autres sites ArcelorMittal, et nos services supports seraient, sans aucun doute, centralisés", indique Sébastien Dietsch, délégué syndical CFE-CGC du site Liberty Rail de Hayange. L’offre du premier sidérurgiste mondial serait cependant la mieux disante, avec un investissement de plus de 60 millions d’euros, contre 40 millions d’euros d’investissement pour Saarstahl. Les deux candidats reprendraient parallèlement 45 millions d’euros de dette.

GFG Alliance, la maison-mère de Liberty Steel qui détient Ascoval et Hayange, a réagi à l’annonce de Bercy le 1er juillet dans la soirée. Le conglomérat dirigé par l'homme d'affaires Sanjeev Gupta évoque toujours deux acheteurs potentiels, Saarstahl et ArcelorMittal. "Liberty Steel Group a présenté au tribunal commercial plusieurs options pour assurer l'avenir de Liberty Steel France (LSF), qui inclut Liberty Ascoval et Liberty Rail Hayange", indique un porte-parole de GFG.

Risque de position dominante

Le groupe, mis en difficulté en mars par la faillite de son principal créancier Greensill, chercherait-il à jouer la montre? Ces délais pourraient permettre à ArcelorMittal d’obtenir une réponse de la Commission européenne en matière de concurrence. En effet, avec la reprise d’Hayange, important fournisseur de la SNCF, le groupe sidérurgique dépasserait le seuil de 50% de part de marché en Europe dans le secteur du rail.

GFG Alliance pourrait également espérer se recapitaliser d'ici là, en vue de conserver les deux sites. Liberty Steel Group a d’ailleurs annoncé ce 28 juin se restructurer en vue d’intégrer ses sites de Dudelange (Luxembourg), Liège (Belgique) et Magona (Italie) dans son entité basée en Roumanie. Liberty évoque "un refinancement qui permettra à GFG de rembourser les créanciers après l'effondrement de son principal prêteur". 

Déjà candidat à la reprise en 2020

Pour sa part, Saarstahl indique être "pleinement mobilisé aux côtés de toutes les parties et les équipes d’Ascoval et d’Hayange pour réaliser cet accord d’ici à la fin de l’été". Le groupe allemand figurait déjà parmi les candidats à la reprise du site d’Hayange en juin 2020. Et seulement lui. Or, le gouvernement français entend depuis le départ favoriser une offre portant à la fois sur le site de fabrication de rails (430 salariés) et son fournisseur de barres d’acier, Ascoval (270 salariés), situé à Saint-Saulve (Nord). L’entreprise sidérurgique allemande, filiale de SHS, explique avoir changé de vision, notamment sous l’impulsion de son nouveau président depuis janvier 2021, Kärl-Ulrich Köhler.

Le groupe spécialiste des produits plats, fils machines et barres laminées joue la carte du positionnement frontalier de ses deux haut-fourneaux dans le land de Sarre. "Hayange apparaît comme un actif clé en vue de nous diversifier dans les infrastructures de mobilité durable. Nous pourrions parallèlement positionner l’aciérie électrique d’Ascoval sur le marché de l’automobile, un secteur en quête d’aciers décarbonés où Saarstahl est déjà présent", indique un porte-parole du groupe.

A noter que Saarstahl, qui compte 13 000 salariés (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019), a engagé il y a deux ans un plan de 1 500 suppressions de postes sans licenciements, échelonné jusqu’en 2023.

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