Le premier jour du sommet de l’Otan s’ouvre sur la question de la guerre en Ukraine. Emmanuel Macron a annoncé le 11 juillet 2023, dès son arrivée sur place en Lituanie que la France avait «décidé de livrer de nouveaux missiles permettant des frappes dans la profondeur à l'Ukraine». Ces nouveaux missiles en question sont baptisés «Scalp» pour «Système de croisière conventionnel autonome à longue portée». Leur nombre n’est pas encore précisé, mais les premiers sont arrivés en Ukraine ce 11 juillet, en même temps que l’annonce du président, selon l’AFP.
Les Scalp sont produits en France par MBDA, et sont développés conjointement avec le Royaume-Uni. Ils sont appelés les «Storm Shadow» outre-Manche, mais ce sont bien les mêmes missiles de 1300 kilogrammes et 5,10 mètres de long. Londres avait déjà annoncé dès mai 2023 en envoyer à l’Ukraine, devenant le premier pays à le faire. Ils font partie de l’arsenal français, britannique et italien et sont tirés par exemple par des avions de chasse Rafale, Mirage ou Tornado. L’armée ukrainienne les a adaptés à d’anciens avions de l’époque soviétique.
Une décision stratégique longtemps débattue
Ces missiles air-sol sont longue distance : lancés depuis un avion, ils ont une portée de 250 kilomètres et sont capables de frapper des bunkers ou d’autres cibles renforcées. Ce sont les missiles avec la plus longue portée jusque-là fournis à l’Ukraine, et lui permettent d’atteindre les zones sous contrôle russe à l’est du pays. Ces missiles seront livrés «en gardant la clarté, la cohérence de notre doctrine c'est-à-dire permettre à l'Ukraine de défendre son territoire», a assuré le président Emmanuel Macron depuis Vilnius où se déroule le sommet international. Il en exclut ainsi toute utilisation pour frapper directement le territoire russe.
Kiev réclame depuis longtemps ce type d’arme, mais l’éventualité d’une escalade a beaucoup fait hésiter les pays alliés de l'Ukraine. Les Etats-Unis ont pour le moment décider de ne pas livrer de missiles longue portée à l'Ukraine. La Russie n’a pas tardé à réagir : «De notre point de vue, c'est une décision entachée d'erreur, lourde de conséquences pour la partie ukrainienne, car naturellement cela va nous contraindre à prendre des contre-mesures», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le pays avait déjà affirmé avoir intercepté un Storm Shadow après l’annonce de l’envoi britannique.



